10 novembre 2015

Naxos - du centre à la côte Est

B. et F. m'ont fait remarquer que j'étais un brin vacharde avec Naxos et que l'île avait tout de même quelques ressources pour visiteurs exigeants. Certes. Mais il faut basculer à l'opposé du Chora, pour goûter d'une tout autre atmosphère.

Une fois passée "Halki-la-surfaite où il n'y a rien à voir", il est bon de se perdre dans les villages de l'intérieur, accrochés aux collines, dont la saveur toute simple vous raccommode sur le champ avec une certaine Grèce. Filoti, Apiranthos*, Keramoti, Koronos, Koronida distillent un vrai charme, l'air de rien, modestement.

IMG_1091

IMG_1116

Il n'y a pas grand' chose de vraiment sensationnel à y voir mais c'est un délice de se perdre dans leurs ruelles, de retrouver les papous qui s'embrouillent à une semaine des élections, d'acheter du fromage aux bergers du coin, de faire une halte sucrée après une jolie promenade, bref, de repasser au rythme hellène ; même architecture de maisons blanches blotties les unes contre les autres, de tours vénitiennes, de passages voûtés, de placettes ombragées, de balcons décorés, omniprésence de la pierre et du marbre... et du silence. Toute cette région très vallonnée est bien verte, recouverte de vignes, de vergers et d'oliviers et relativement préservée des hautes températures, car rafraîchie par les vents qui glissent sur le mont Zas (Zeus) et sur les chaînes de montagnes qui hérissent cette partie de l’île.

IMG_1076  IMG_1079

D'Apiranthos, il faut bifurquer vers la droite pour retrouver de superbes plages DÉSERTES, encore à l'abri des alignements hideux de transats et de parasols : Lygarida, Lionas, Kleidos et surtout Psili Ammos, grande étendue de sable blond bordée de tamariniers, qui nous rappellera Molos, notre plage favorite de Paros. Enfin de grands espaces, du calme, une poignée de familles grecques, quelques nordiques et c’est tout.

IMG_1098

Si nous avons fini par enfin trouver le lieu parfait pour faire trempette, c’est le petit port de Moutsouna qui nous fera regretter d’avoir choisi un hôtel sur la côte Ouest. Moutsouna est l’ancien port d’Apiranthos, d’où partait l’émeri, extrait des mines des montagnes de Koronos. On peut toujours admirer le « chemin de fer aérien », construit à la fin des années 20, long de 9 kilomètres, haut de 40 mètres, qui reliait les cinq sites d’extraction aux calles des navires ; le transport n’était plus tributaire du relief escarpé, des crêtes et des à-pics, et les mulets pouvaient enfin souffler. La ligne restera en service jusqu’en 1978,  quand l’émeri perdra de sa superbe. Sur le port en lui-même, demeurent comme à Sérifos, les rails, les grues, les souvenirs des entrepôts. Moutsouna, outre la richesse de son passé, est un adorable endroit, coquet et tranquille où nous serions bien restés.

IMG_1109

IMG_1106 IMG_1108

Donc, petit conseil à ceux qui n’ont pas envie de passer leurs vacances dans le stress, le vacarme et le béton, entourés de businessmen aux dents longues qui vous voient venir de loin, posez-vous là !

* village natal du héros national Manolis Glézos

 

Posté par Kefalonia à 22:30 - - Commentaires [2] - Permalien [#]
Tags : , , ,


04 novembre 2015

Naxos - à boire et à manger

 

IMG_1078

Tout d’abord, où se loger à Naxos ? Pour ne pas être trop loin du Chora et du Kastro, nous avions élu le quartier d’Agios Giorgios, à 700 mètres au Sud du débarcadère, à un saut de puce de la plage du même nom. Le coin a dû être très beau, mais on a désormais beaucoup construit sur cette côte et vous n’y serez pas les seuls, même au milieu du mois de septembre. En fait, le cœur historique de Naxos s’est dilué, s’est étalé sur un bon kilomètre, avec des constructions modernes pas toujours de bon goût ; on est à des années-lumières de l’élégance de Parikia… de plus, le quartier d’Agios Giorgios est zébré de petites rues à angle droit où il est assez difficile de circuler en voiture, particulièrement de nuit. En conclusion, si je devais remettre les pieds à Naxos (non, cette éventualité confine en fait à l’impossibilité la plus absolue !), c’est sur la côté Est que je me poserais, j’en reparlerai plus tard.

Notre lieu de résidence était pourtant bien charmant (Hôtel Glaros), avec une déco soignée et recherchée, des matériaux nobles, une vaste salle de bain, le balcon sur la mer, un toit-terrasse bien aménagé… mais, de nouveau, ça n’a pas fonctionné. Tout simplement parce que nous avons rarement croisé une telle pingrerie : tout se facture à Naxos, même le sachet de thé ou la capsule de café de votre chambre, car il faut bien rentabiliser l’établissement au maximum. Le ticket d’entrée au 15 septembre est déjà pourtant de 100 euros la nuit sans le petit-déjeuner, mais le jeu est de faire fonctionner la machine à cash au maximum. L’hospitalité grecque, on repassera. Quand nous ferons la comparaison avec la générosité de notre Sophia à Koufonissi, quelques jours plus tard, l’addition de Naxos passera encore plus difficilement. L’anecdote finale est, je pense, assez révélatrice d’une mentalité en pleine mutation. Le jour de notre départ, en attendant le taxi (oui, on ne vient pas vous chercher au port, hein, faut pas rêver non plus !), le propriétaire nous fait le laïus de départ « j’espère vous revoir… blabla… », et envoie son acolyte nous chercher un calendrier aux couleurs de l’île, qu’il fait faire chaque année pour ses clients, spécialement, par des artistes locaux. Nous retrouverons en fait le même calendrier dans une des librairies de Naxos, à côté du port. Le fourbe ! Nous sommes restés ici pour la seule et unique raison que nous avons été bien secoués, moi par une intoxication alimentaire, ma moitié par une bronchite, et que nous n’avions aucune envie de refaire les valises à la recherche d’une autre chambre.

204

Côté tables…

- Coup de cœur :

Nostimon Hellas*2 (www.nostimonhellas.gr), sur Ioannou Paparigopoulou, dans la rue des restos qui descend de la place Protodikiou. Accueil, déco, ambiance, rien à redire, on y revenait même pour le jus d’orange et le yaourt au miel matinal. Excellente Matsata (les tagliatelles de Folégandros) pour moi, bœuf au Mavrodafni pour J-P, aubergines au sésame et au miel… tout est délicieux. Les mets sont fins, agrémentés d’herbes, avec des sauces ou des pestos élaborés ; ici, on cuisine vraiment et on prend soin des clients avec un grand sourire. L’addition n’est pas celle d’une taverne mais sans exagération non plus.

- Vaut le détour : 

Scirocco*3 (www.scirocco-naxos.gr), place Protodikiou. 

Gros a priori devant ce lieu toujours blindé, qui bourdonne, qui s’agite, où le Grec est une langue ultra-minoritaire, bref, qui a tout de l’usine à touristes. Et pourtant, qu’est-ce-que c’est bon ! Une assiette de mezzés pour deux et une grande salade de figues et de fromages de Naxos suffisent largement à vous rassasier. On retrouve ici tous les plats traditionnels de taverne mais un peu « dégrossis », « revisités » et on y revient sans se poser de question. Accueil speed avant 22h30, venir ensuite pour entendre parler autre chose que l’anglais, l’allemand ou l’italien.

Taverne Nikos, tout près de la place Protodikiou

Taverne familiale typique où ça dépote ! Plats consistants, portions généreuses, excellentes viandes selon mon carnivore, bon niveau sonore, rien d’original en somme mais un lieu où l’on se sent bien et où l’on sait par avance que l’on ne sera pas déçu. 

- Peut mieux faire :

Maro, à côté du précédent… mais préférez le précédent.

Autre taverne grecque mais un peu brut de décoffrage. On vient dîner pour se nourrir, certes, mais aussi un peu pour faire danser les papilles. Là, on ne sort pas des Pastitsio/Moussaka/grillades et on aimerait un peu plus de prétention culinaire. Addition toute légère, au contraire de votre estomac bien lesté.

To Elliniko*2 (http://www.toelliniko.com), plus bas que Nostimon Hellas, dans la même rue.

Pour nous, un restaurant très surévalué et inégal. Certes, on dîne dans un petit jardin charmant et agréable mais le lieu devient une grosse machine à produire, où la qualité peut laisser à désirer. Si notre premier dîner de poisson était tout à fait correct (faire griller un calmar n’est pas non plus un grand exploit), le second a été moins réussi : entrée trop salée, agneau kleftiko trop gras et pas assez cuit (un comble) et tourte aux épinards mollassonne. Un soir "sans" ou un resto qui somnole sur son passé ?

- Á fuir :

Anna’s Organic Shop & Garden, la voisine de To Elliniko 

Présenté par le Routard comme le lieu rêvé pour un petit déj’ sain et savoureux. Quinze minutes se passent avant que la dame daigne s’intéresser à vous. Pas de jus d’orange frais et pas de yaourt, alors que l’île en produit de savoureux. On a décampé !

O Giannis, à Halki, sur la place.

Halki est le village touristique le plus surfait de Naxos, avec ses trois ruelles, ses deux placettes… et ses églises byzantines fermées. Les locaux attendent le chaland sur le pas de leurs boutiques de souvenirs sans intérêt et tout le monde finit par se retrouver sous la vigne qui pendouille dans la seule taverne ouverte en septembre le midi, assurée de faire salle comble. Service totalement à la ramasse (entre le détachement et le dédain) et cuisine limite. Je dois à cet endroit une nuit… difficile (la pharmacienne m’expliquera que c’est ce qu’il arrive avec des épinards mal ou pas lavés avant de les cuisiner !). De retour, j’ai vérifié sur un site bien connu le ressenti des autres touristes. Je me suis sentie soudain moins seule. 

IMG_1046

Enfin, si vous fréquentez Plaka Beach, le petit coin de plage non colonisé par les rangées de transats et de parasols, la Taverna Paradiso (www.naxos-paradiso.gr) est tout à fait recommandable, simple mais très sympa. Le propriétaire possède aussi les deux hôtels voisins, bâtis en front de mer (et au détriment des dunes…)

 

Posté par Kefalonia à 00:38 - - Commentaires [2] - Permalien [#]
Tags : , , , ,

30 octobre 2015

Naxos ou les illusions perdues

IMG_1016_1024

Pour faire simple, entre Naxos et nous, nulle divine idylle mais une rencontre désenchantée, une suite de tracasseries, de déconvenues et de déboires. Nous étions furtivement passés à Naxos pour un changement de ferry et je n’avais pour cliché de l’île que de belles images sur papier glacé de villages lovés au creux des collines, de plages de sable désertes, de chapelles byzantines aux fresques remarquables. Mais il arrive que la réalité soit toute autre.

Mon propos n’est en aucune façon de dénigrer à la hussarde une île qui possède malgré tout quelques atouts (et surtout celui d’être proche de Délos), mais ceux-ci ne seront perceptibles que pour les primo-visiteurs des Cyclades. Naxos me semble une bonne porte d’entrée, qui sait mettre sous les yeux du novice une synthèse de tout ce que les Cyclades peuvent offrir, mais rien de vraiment sidérant. En revanche, lorsque l’on a une bonne quinzaine d’îles au compteur, on devient très exigeant, sourcilleux, sans doute un peu sévère. Car à chaque curiosité, particularité, que l’île proposait, nous opposions une comparaison peu flatteuse pour Naxos :

            - Le port d’arrivée, le centre névralgique de l’île ?  Préférer Paros

            - Le castro médiéval ?                                                    Préférer Sifnos

            - Les chapelles byzantines ?                                          Préférer la Crête

            - Les villages intérieurs ?                                               Préférer Tinos

            - Les plages de sable ?                                                    Préférer Sérifos

            - Pour les balades ?                                                         Préférer Amorgos

            - Pour le calme ?                                                              Préférer Folégandros

            - Pour les espaces préservés ?                                       Préférer Koufonissia

            - Pour la "véracité" ?                                                       Préférer toutes les autres !!!

Île imposante par sa taille, sa population, le trafic de ferry, Naxos a surtout, vu de ma fenêtre, oublié de rester grecque. Certes, cet été, un nombre impressionnant de touristes a posé le pied en mer Égée. S’il faut s’en réjouir pour tous les Îliens qui vivent du tourisme, je crains que certaines Cyclades n’y laissent en route une bonne partie de leur séduction (comme la Crête, Corfou, Rhodes, devenus des hauts-lieux du tourisme de masse). Le développement effréné de Naxos sur sa côte Ouest, le bétonnage de 10 km de plages où les dunes sont liquidées au profit d’une urbanisation non maîtrisée et vilaine (hôtels, restos, bars, sans âme ni histoire) n’augurent rien de bon. Conséquence immédiate, un net changement de mentalité chez les habitants : business et rendement à tout crin, à l’opposé de l’hospitalité et de la chaleur des échanges que nous aimons tant. Même en septembre, l’usine tourne à plein régime et crache ses euros. Ainsi, une seule belle rencontre avec une "yiayia" hors d’âge sur les marches d’une église, durant les sept jours passés à Naxos, c’est bien peu.

Il faut aussi avouer que l’île ne nous a pas facilité la tâche ; elle s’est perfidement amusée à nous semer le séjour d’embûches, au point que je pourrais faire un Routard des pharmacies de l’île (chopper entre autre une bronchite par 30°, il faut tout de même le vouloir...). Nous n’avons retrouvé un peu de sérénité et d’enthousiasme que pour la côte Est, encore à l’abri du déferlement estival, calme et préservé.

C’est en découvrant nos photos au retour que je me suis rendu compte à quel point Naxos est une île aux couleurs ternes. Á l’opposé de sa voisine toute proche, Paros, qui claque de blanc, de bleu et de rose, Naxos est grise, grise comme son Castro, ses Kouroi couchés, ses églises byzantines aux portes closes, son béton déjà défraîchi. C’est certainement aussi pour cette raison qu’à aucun moment nous ne nous sommes imaginés sur une Cyclades, dont l’architecture est si caractéristique et enjôleuse. Sommes-nous seulement sentis sur une île, telles que nous les recherchons, telles que nous les aimons* ? Sans conteste, non et c’est bien regrettable.

IMG_1059_1024

* Voir post précédent sur Kato Koufonissi

Posté par Kefalonia à 23:01 - - Commentaires [3] - Permalien [#]
Tags : , , ,

23 octobre 2015

Ode à Kato Koufo'

 

DSC02254

La certitude que je tomberai en amour devant Kato Koufonissi allait de soi. Si d’aucuns se sentent à l’étroit sur une île, prisonniers d’une immensité d’eau, obligés de tourner en rond sur un territoire délimité, j’y ressens, moi, le bonheur considérable d’être isolée. Que les deux mots aient la même racine latine fait sens ; se retirer sur une île, c’est d’abord vouloir s’extraire du monde, se bercer de solitude désirée, se saouler de silence, et cultiver également, un peu, une certaine misanthropie. Il faut dire aussi que ma région d’origine est constellée de ces "cailloux" posés sur l’océan, certains toujours bien sauvages, dès la transhumance estivale achevée. J’ai voué durant toute mon adolescence un quasi-culte à Chateaubriand, l’écrivain-voyageur par excellence, qui choisit un « sépulcre bâti sur un écueil »*, comme dernière demeure. Impossible, durant les étés bretons, de faire l’impasse sur ce pèlerinage malouin, de délaisser celui qui a choisi d’être un îlien pour l’éternité, au gré des marées qui entourent le Grand Bé.

J’ai gardé ce goût des îles sauvages, pierreuses, minérales, même baignées par le bleu azur de la mer Égée. C’est pourquoi Folégandros, Amorgos, Ithaque, Chios savent répondre à mon imaginaire quand d’autres s’en éloignent irrémédiablement. Je garde de même une pensée tout émue pour Sercq (Sark), îlot anglo-normand fabuleux dans le genre "gros roché primitif sculpté par les vents et les tempêtes", visité en automne il y a quinze ans (et qui servit accessoirement de cadre à Maurice Leblanc pour son Île aux trente cercueils).

Kato Koufonissi est de ces îles qui vous attrapent le corps et l’esprit, qui réveillent des songes et des rêveries, et sur laquelle on revient sans cesse parce que l’on s’y sent évidemment chez soi. Toute en longueur, pelée, rasée, tondue par les vents et le ruissellement des pluies d’hiver, elle est un territoire revenu à l’état de nature depuis le départ des derniers habitants à la fin des années 60. L’île accepte l’été la présence humaine d’une famille d’agriculteurs, de quelques bergers et des visiteurs venus par caïque pour la journée, mais redevient silencieuse et sauvage dès le mois d’octobre. Pas d’eau, pas d’électricité, juste des chèvres et des moutons, deux sentiers qui longent chacun une côte, des criques et une grande anse de sable, les vestiges d’une ferme oubliée ; voilà pour le décor.

DSC02231

DSC02247

DSC02167

L’ancien hameau par lequel on accoste est le seul témoin d’une activité aujourd’hui révolue, même si les basses maisons usées ne servent plus qu’à abriter les bêtes. Une taverne d’un autre temps sert de repère et de sas de transition, entre la civilisation et les espaces préservés de la main de l’homme. Ensuite... on arpente les quatre kilomètres carrés à son rythme, on suit le tracé des sentes étroites, on coupe au travers des douces collines pour suivre les chèvres aux poils longs, on grimpe sur le plus haut rocher pour avaler de longues gorgées d’un air salé d’embruns, ou l’on se pose près d’une bergerie en ruines, pour rêvasser à ce qui n’est plus ; les heures glissent lentement, on s’imprègne de cette terre indomptée et tranquille, de cette quiétude qui baigne tout le paysage, comblé par ce retour à quelque chose d’inaltéré.

DSC02156

DSC02246

DSC02234

 

* Gustave Flaubert, Par les champs et par les grèves (1881)

 

Posté par Kefalonia à 17:38 - - Commentaires [3] - Permalien [#]
Tags : , , ,

13 octobre 2015

Pano Koufonissi - mode d'emploi

Lorsque j’ai annoncé à Poulaki mou que nous partions une pleine semaine à Koufonissia, elle a manqué s’étrangler : « mais vous allez y faire quoi ? ». Alors, il est vrai que le minuscule caillou tout rond peut sembler insignifiant au premier coup d’œil : pas de kastro, de chapelle byzantine, de site archéologique, de beaux villages intérieurs. Pano Koufonissi est une pierre plate, discrète, aux côtes crénelées, élimée par le vent, dotée d’un Chora, de deux petits ports, d’un débarcadère de poche, de criques, de quelques plages et … de rien d’autre en fait. Paisible, calme, tranquille, oui, mais pour autant pas endormie. Les habitants vivent de la pêche et d’un tourisme de bon aloi, sobre, discret, respectueux de l’environnement ; pas de fêtards, de braillards, de malotrus ou de râleurs compulsifs. Si les visiteurs de septembre ont quelques décennies au compteur, rien à voir avec les plantureux groupes de retraités mufles et butors, que nous avons croisés à Naxos. On va à Koufonissi pour marcher, se ressourcer, bronzer sans marque de maillot, dans un certain « savoir-vivre ». Cette quiétude de fin de saison ne serait pas tout à fait de mise en juillet et août, quand des bateaux venus de Paros, de Naxos et d’Amorgos déversent sur les plages leur flot de touristes. Mais passé le 15 septembre, l’île est rendue à la sérénité. 

DSC02091

  IMG_1146

Dans le Chora de poche, une seule ruelle « commerçante » bruisse vers 19h, quand s’ouvrent les trois ou quatre bars où se retrouvent les locaux. On trouve aussi une sorte d’écomusée minuscule, creusé dans le sol, où le village a déposé des objets du quotidien, des outils, des instruments de marine, d’un autre temps. C’est inattendu, touchant, mais révélateur de l’état d’esprit des îliens qui aiment échanger avec leurs hôtes.

DSC02097

L’unique magasin de cartes postales et de babioles fait aussi office de Poste et abrite le seul distributeur de billets de l’île, dans la ruelle d’en-dessous. Les habitants fignolent leurs enseignes, la déco et soignent leur charmant village fleuri qui monte tout en douceur derrière la plage.

DSC02102  DSC02103

 

Les deux coquettes baies, à gauche du débarcadère (Loutro et Parianos), abritent deux petits ports de pêche et un chantier naval en modèle réduit, qui entretient les caïques de retour vers 10h.

DSC02178

On y vient chaque matin, d’abord un peu de côté, puis plus près et on finit par engager la conversation avec la femme du marin qui cogne ses poulpes sur les rochers. Nulle rebuffade, les pêcheurs sont fiers de nous montrer leurs prises et de nous faire réviser les noms de poissons en grec (y’a du boulot…).

DSC02120  DSC02124

De la baie de Parianos, vous pouvez partir à l’assaut du point culminant de l’île, 113 mètres, - ça reste très raisonnable-, en montant au Prophète Ilias, sobre sanctuaire qui tache de bleu le vert des buissons de la colline. On pousse ensuite jusqu’à l’ancienne bergerie qui offre un beau point de vue sur le rivage de l’île, rudoyé par la mer.

IMG_1154

IMG_1179

Si l’on part à droite du Chora, on peut utiliser le vélo jusqu’à la plage de Fanos. Ensuite, il faut continuer à pied le chemin qui longe la côte, creusée d’anses tapissées de sable. Pas d’ombre par contre, puisque les arbres sont aux abonnés absents. Les eaux sont vraiment magnifiques, surtout lorsque l’on remonte vers les « piscines », ces grottes sous-marines qui colorent la mer de nuances émeraudes. Plus loin, toujours plus loin, on arrive à la grande vraie plage de sable blond de l’île dans la baie de Pori. Ici, un peu plus de monde, des familles grecques sur les premiers mètres, les naturistes ensuite. La mer n’est pas toujours calme sur cette côte Nord Est et les courants sont traîtres - la toute petite plage du Chora me semble bien préférable si vous venez avec de jeunes enfants. Au bout de la baie de Pori, les flots ont fini par sculpter la falaise, la rabotant, l’excavant, jusqu’à former une « mer intérieure » qui se vide et se remplit selon la forces des vagues. 

  DSC02197

Avec ces presque riens, on passe de jolies journées qui s’écoulent lentement, on se crée des habitudes, et comme îliens et touristes fréquentent les même lieux de vie, ensemble, on se sent partie prenante de la vie de Pano Koufonissi, intégré, accepté et pas uniquement pour que les tiroirs caisse se remplissent. 

 

Posté par Kefalonia à 23:25 - - Commentaires [1] - Permalien [#]
Tags : , , ,


07 octobre 2015

Pano Koufonissi, gîtes et couverts

Pano Koufonissi ressemblant à un mouchoir de poche avec ses 3,5 km², pas d’usines à touristes, de grands bazars bétonnés, d’hôtels-clubs champignons. Les chambres à louer, les studios s’étalent à gauche et à droite de la plage, près du port, dans de petites maisons cubiques fleuries. L’offre étant de fait réduite, ne tentez pas le diable en débarquant sans réservation, même en septembre. Les visiteurs sont clairement des habitués qui reviennent chaque année.

Nous avons posé nos sacs chez Sophia (Glaros rooms), qui a transformé l’étage de sa maison en cinq chambres, dont trois regardent la mer. Entre la porte du jardin et la grande bleue, moins de 5 mètres. On dort fenêtre ouverte en écoutant le bruit des vagues, le ricanement des mouettes, et le vent aussi, car sur cette terre plate et pelée, ça souffle volontiers. Les chambres, à la déco légèrement désuète, sont simples mais impeccables, même si les dimensions de la salle de bain sont passablement étriquées. Mais on vient ici surtout pour Sophia, son hospitalité, sa générosité débordante. Cette mamie aux yeux bleus gris prend soin de ses locataires comme une mère poule, leur apporte le petit déjeuner maison tous les matins (gâteaux, toasts…), veille à leur bien-être, leur rend service. S’étant aperçue que nous sautions le déjeuner et que nous étions adeptes des yaourts au miel au retour du bain et des balades vers 17h - donc que nous avions un peu faim -, elle s’est empressée de garnir notre frigo de fruits, de chocolats, de riz au lait maison pour combler nos estomacs, et tout cela gracieusement. Ceci explique sans doute la sale tête de ma balance au retour… On se sent à la maison, faisant partie de la famille et non dans une relation pécuniaire. Délectable.

DSC02064

Côté fourchette, on mange sacrément bien à Pano Koufonissi… Île de pêcheurs, le poisson arrive tout frétillant dans votre assiette, attrapé le matin même. On le sent tout de suite au goût prononcé de sa chair, très très loin des dorades d’élevage...

 -To Steki tis Marias (propose aussi des chambres à l’étage)

À gauche du débarcadère, en suivant la mer, premier petit port

C’est en suivant un matin la femme d’un marin venue apporter le contenu des filets que nous avons dîné là. Il ne s’agit pas d’une taverne, plutôt d’une ouzerie qui propose du calmar, des poulpes, des crevettes grillées minute et un choix de mezzés du jour. On dîne dans le jardin, entourés de toute la famille, des gamins qui cavalent, sous l’œil averti de Maria, encore une mamie prévenante mais qui dirige son petit monde d’une main ferme. C’est simple, très goûteux, même si l’accueil varie selon votre bouille, votre niveau de grec et votre patience devant le service un peu désordonné. On a adoré !

- Capetan Nicolas

Un peu plus loin, après To Steki tis Marias

Très fréquenté car le patron possède son caïque. On choisit son poisson en cuisine, le mode de cuisson, on le pèse et on attend son assiette. Très frais mais sous-cuisson chronique due au monde qui se presse en salle. Service speed et peu souriant. À tenter en tout début et fin de saison, lorsqu’il y a moins de monde.

- Neo Remetzo

Sous le moulin où on prend l’apéro.

Excellente table qui ne désemplit pas (là aussi, le patron va chercher poissons et fruits de mer à bord de sa barcasse), mais plats plus variés, plus élaborés, carte plus fournie. Jolie déco, personnel débordé mais adorable. J’ai élu leurs pâtes aux langoustines, meilleur festin du séjour. Aussi bon qu’à Penmarch, c’est peu dire.

- Fos Fanari

Dans la rue qui remonte de la plage, après le supermarché.

Il ne paie pas de mine ce grand machin un peu moche qui propose aussi souvlaki, pizzas, et dépôt de clopes. Mais pourtant, très bonne table, portions copieuses, le tout ultra-frais (vu le débit, ce n’est pas étonnant). Table préférée de ma moitié pour sa viande de chèvre kleftiko.

- Gastronautis

Dans la rue « commerçante », à côté de la pharmacie

Un brin de modernité dans la déco et les assiettes. Tout est préparé à la commande, donc service un peu alangui, mais l’attente est largement compensée par la qualité des plats. C’est léger, fin, travaillé, cuisiné, parfaitement assaisonné (légumes grillés, carpaccio de poissons, agneaux fondants, pâtes aux fruits de mer, risotto… ), excellents desserts et bonne carte des vins. Un peu plus cher qu’une taverne classique mais ça le vaut largement.

- Capetan Dimitri

Après Glaros rooms, donc à droite de la plage

De nouveau un pêcheur qui propose en direct les produits de son bateau. Ambiance moins agitée que chez le Capetan Nicolas, plus simple, plus conviviale. Votre dîner dépendra des prises du jour mais fraîcheur garantie.

- Ouzeri Aneplora

Deuxième petit port après la plage, sur la gauche - dix bonnes minutes de marche depuis le débarcadère, restez sur le chemin qui monte, ne pas bifurquer vers le moulin de gauche.

Mon coup de cœur pour la situation au bord de l’eau, la déco marine, la gentillesse des propriétaires… et la feta au miel. On y est venu prendre un verre au calme, on a papoté, écouté de la bonne musique, on y est resté pour le dîner. Pour un peu j’y serais encore.

IMG_1160

 

Pour siroter un verre avant le dîner ;

- Sokoros

Mon spot préféré, pas celui de ma moitié, hélas ! Après notre piaule, donc au bord de l'eau, sur des planches de bois flotté et de vieux gouvernails garnis de tapis, on s'assoie les pieds au dessus de  l’eau ; bonne musique, bougie, lampes tempêtes, ambiance cool, et très bon mojito.

IMG_0233

- Bar Kalamia

Avant Fos Fanari, dans la même rue

Indiqué pour l'apéro dans le Routard, plutôt un bon endroit pour le deuxième ou le troisième café du matin. Chouette atmosphère, très fréquentée à la fois par les jeunes qui y jouent au tavli que par les vieux marins. Très bon accueil et délicieux rakomelo (je n'aime ni l'ouzo, ni le raki, ni le machin au mastic, encore moins le Kitron mais le rakomelo chaud, c'est un peu ma faiblesse.)

- Nikita’s café bar

Bien placé, à côté de la plage, bon ouzo mais accueil un peu froid en fin de saison. Gin tonic passable, sans plus.

- Le moulin

Pas celui du bas, au bord de l'eau, mais celui en hauteur, transformé en bar branchouille, genre lounge - musique choisie - lumières tamisées pour les trentenaires. L'endroit est très beau, la vue sur le port, superbe, le coucher de soleil délicieux. Mais si vous demandez un ouzo, on vous rétorquera qu'il n'y en a plus... car de toute façon, l'ouzo, ce ne serait pas assez  "tendance"... Bon, d'accord, si vous le dites... leurs cocktails sont par contre très bons.

DSC02056

- Chez Sophia

Dans la rue "commerçante", à l'opposé de Gastraunotis. Grande terrasse dont la vue est un peu rétrécie par de nouvelles constructions. Ici, c'est le temple de l'ouzo de Plomari, du Barbayanni, donc lieu de prédilection de J-P. Ambiance familiale, télé en fond sonore.

Nous y étions le dimanche 20, au soir des élections. Bide total auprès des habitants à qui nous avons demandé les résultats. Tous suivaient un match de basket, et les sujets de discussion étaient à mille lieux des problématiques politiques.

 

Posté par Kefalonia à 23:56 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , ,

04 octobre 2015

Coup de foudre pour les deux Koufo(s)

Je mets en route les récits des deux îles visitées en septembre à l’envers, délaissant la première, Naxos et sa cohorte de désillusions, pour les toutes modestes Epano (ou Pano) et Kato Koufonissi (on emploie le pluriel Koufonissia lorsque l’on parle des deux îlots). Elles font partie des petites Cyclades, comme Iraklia, Schinoussa et Donoussa, situées entre Naxos et Amorgos. Là où Naxos affiche 430 km² pour 21 150 habitants, Pano Koufonissi atteint humblement 3.5 km² et 300 habitants… on change radicalement d’espace-temps, d’époque, de mentalité, de pays en fait. Le Routard souligne que les petites Cyclades s’ouvrent peu à peu au tourisme mais cela reste encore très raisonnable. Toutefois, en haute saison, les capacités de logement saturent vite, vu la petite superficie des îles. Ici, pas de tourisme de masse, de tours-operators qui expédient du grand blond à la tonne pour griller sur les plages. Pano Koufonissi est un bastion italien (aucune idée du pourquoi du comment ?), même si l’on croise aussi des Allemands, des Anglais, des Suédois, mais peu de Français. La taille réduite de l’île fait du vélo le meilleur moyen de locomotion sur les deux uniques routes, même si de traîtres faux-plats nous ont souvent fait cracher nos poumons. On parcourt à pied le chemin côtier, qui dévoile au gré des lacets une dentelure bordée de petites criques*, pour aboutir à la seule vraie plage de sable de l’île, tout au Nord.

DSC02083

DSC02134

DSC02115

Pas de location de scooters et encore moins de voitures, la bicyclette et de bons mollets sont suffisants. En septembre, le visiteur est souvent retraité, paisible… et peu vêtu. Si à Folégandros, on oublie souvent son maillot de bain, à Koufonissia, on l’a carrément laissé à la maison... Le Chora concentre la poignée d’hôtels, les chambres à louer, les tavernes et c’est tout. Deux moulins, des petits ports bien protégés, un prophète Ilias sur les hauteurs, des chèvres et des moutons et on a fait le tour. C’est encore trop pour vous ? Alors, direction Kato Koufonissi, l’île grecque la plus sauvage sur laquelle j’aie jamais posé le pied. Seulement habitée en été par une famille d’agriculteurs - qui tient aussi l’unique taverne ouverte en saison -, et une dizaine d’habitants, elle est rendue aux chèvres sauvages dès le mois d’octobre. Et il n’y a rien, mais rien de rien. On y vient en caïque de Pano Koufonissi pour s’oxygéner, respirer, marcher, pour le silence, le vent, les paysages vierges de constructions et se baigner dans l’eau la plus limpide de toute la mer Égée. Alors, certes, je me doute que l’endroit doit être un brin moins idyllique en juillet et août, mais passé le 15 septembre, c’est l’extase.

DSC02146

 

DSC02165

DSC02171

IMG_1190

Totalement inhabitée et inaccessible, l’île de Kéros, voisine de Koufonissia, complète le tableau. Si vous êtes passés par le Musée national d’Athènes et/ou le musée de Naxos, le nom de Kéros, comme de Koufonissi d’ailleurs, doit éveiller des souvenirs de statuettes de marbre blanc aux bras croisés. Car ces trois cailloux arides furent un centre majeur de la civilisation cycladique. Les nécropoles renfermaient des objets, des bijoux, des armes, des poteries et ces figurines étonnantes, ces idoles épurées aux pieds pointés qui ne tiennent pas debout. Plus d’une centaine furent trouvées sur Kéros, dont le joueur de flûte et le joueur de harpe (les deux exceptions à cette posture insolite) que l’on peut voir à Athènes (2 800-2 300 av J.-C.).

* Koufonissi  = κουφιο (creux) + νησι (île) 

 

Posté par Kefalonia à 19:23 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , ,

27 septembre 2015

Septembre 2015 en Grèce

Tout guillerets encore des onze jours passés à Lesbos en mai dernier, nous avons de nouveau sauté dans l'avion début septembre pour le programme suivant :

- 3 jours à Athènes

- 7 jours à Naxos

- 7 jours à Koufonissia (πανω et κατω koufonissi)

- 3 jours à Athènes.

DSC02273

Ciel chargé d'Athènes après les gros orages de lundi 21/09

Sur le papier, ça tenait debout, les ferrys bien huilés, l'humeur au beau fixe, des images plein la tête, des rêves de bleu et d'ailleurs... Ah bah oui, mais non, pas tout à fait, car nous étions partis un peu en décalage avec la réalité, en mode illusion, voire un peu chimérique. Je noircis sans doute légèrement le tableau mais je m'accommode mal d'une île qui me déçoit, surtout lorsqu'elle pèche, d'abord par manque d'attraits, mais aussi par un certain asservissement au tourisme de masse, jusqu'à devenir un Land germanique. Je parle évidemment de Naxos, les deux Koufonissi m'ayant bien heureusement rappelé ensuite pourquoi j'aime tant ce pays et ses habitants.

Je reviendrais longuement sur le cas Naxos, île sur laquelle nous ne nous sommes jamais sentis bien. J'ai avec la Grèce un rapport presque physique ; j'en aime la lumière, les parfums, la musique, la chaleur des rapports humains, mais aussi sa nature âpre, sa dureté, et ses contrastes marqués. Et je sais lorsque je m'y trouve à ma place, mais aussi lorsque je suis en décalage avec elle. Je n'irais pas jusqu'à dire qu'une île vous accepte ou vous est hostile, cependant, il faut bien avouer que l'on ressent immédiatement sur certaines, "l'impossibilité d'une île". C'est sans doute la première fois que nous avons enchaîné autant de pépins, de contrariétés, de déplaisirs, de contretemps. Je n'ai en fait pas grand' chose à vraiment reprocher à Naxos (sauf une certaine propension à bétonner sa côte Ouest),  si ce n'est que nous avons, à chaque fois, vu ailleurs en mieux, ce qu'elle propose. Pas de coups de cœur, de belles rencontres, de souvenirs mémorables, marquants, indélébiles, pas d'émotions (mais des visites régulières à la pharmacie, une voiture abimée, des randos qui partent en vrille et un stress constant qui ne nous lâchera que sur le ferry Skopélitis, en partance pour les petites Cyclades).

DSC02044

Heureusement, les deux îles qui forment Koufonissia offriront un sacré contraste avec Naxos : des habitants adorables, de qui on se sent tout de suite proches, des espaces inviolés, le sentiment d'être enfin en Grèce, sur deux cailloux battus par les vents et la mer, d'être des insulaires, coupés du monde.  Ces deux petites Cyclades resteront le moment fort de ce voyage, encadré par des jours heureux à Athènes, que nous quittons avec davantage de peine à chacune de nos visites.

DSC02051

Il me semble aussi que ce voyage clos une sorte de cycle consacré aux îles et qu'excepté les Sporades que nous n'avons pas encore rencontrées, c'est la Grèce continentale qui va nous occuper désormais.

Si je devais établir une sorte de hiérarchie des îles visitées, je crois qu'elle s'établirait ainsi :

            1 Santorin  - 2 fois (la plus belle, si on ne prend en compte que l'île)

            2 Folégandros

            3 Amorgos

            4 Koufonissia

            5 Paros - 4 fois

            6 Lesbos

            7 Ithaque

            8 Chios

            9 Céphalonie - 2 fois

            10 Sifnos - 2 fois

            11 Tinos

            12 Serifos

            13 Milos

            14 Naxos

            15 Leucade

            16 La Crête

            17 Corfou

            18 Santorin - 2 fois (la pire, si on prend en compte ce qu'on a fait de cette île)

Nous avons pour 2016 des projets pour le Magne et le Pélion, Thessalonique et la Chalcidique, même si un saut à Patmos devrait tout de même voir le jour. 

 

Posté par Kefalonia à 18:35 - - Commentaires [1] - Permalien [#]
Tags : , ,

17 décembre 2014

Folégandros – pour épargner vos mollets, prenez le bateau

Si vous venez à Folégandros avec de jeunes enfants, vous n’aurez pas pléthore d’endroits où aller vous baigner sans entendre moult récriminations : le port de Karavostasis dispose bien d’une petite plage de galets facile d’accès, mais patauger dans une eau où les bateaux font trempette n’est pas très engageant. Un bus relie Chora au village d’Agali et à sa plage de sable ; mais étant la seule accessible par une route asphaltée, cette dernière souffre vite de sur fréquentation et de nuisances sonores. Il faudra marcher une bonne demi-heure sur le chemin qui longe la côte pour relier la jolie crique d’Agios Nikolaos, toute calme en septembre, bordée de tamariniers.

DSC01443

Le lieu est plaisant, les eaux bien claires, le silence souverain, notre plage durant le séjour. Pour le reste, il faudra jouer du jarret et supporter les remontées éreintantes sous le soleil après la baignade ; si les descentes des crêtes vers la mer se font sourire aux lèvres, les retours sur les hauteurs escarpées requièrent quelques efforts et de bonnes chaussures, de quoi y laisser tout le bénéfice du bain rafraichissant.

DSC01429

De Karavostasis, partent de petits bateaux bien équipés pour une journée autour de l’île, balade très agréable en fin de saison lorsque vous vous retrouvez à dix, sur un bateau prévu pour trente. Chacun trouve son espace, l’équipage est détendu et le programme peut être aménagé sans souci. Nous avons suivi la côte Sud et ses falaises de craies rectilignes jusqu’au premier arrêt baignade dans la baie bien encaissée de Livadaki : une nature brute, vierge de toute construction, aux eaux turquoises illuminées de soleil. La joliesse, la sérénité, la quiétude du lieu, distillent de bonnes ondes dans notre petit groupe où la bonne humeur est contagieuse.

DSC01424

DSC01421

Nous nous arrêterons ensuite dans une petite crique pour que les amateurs de plongée profitent des fonds rocheux et des grottes creusées dans les à-pics, avant de revenir vers Agios Nikolaos, où les amateurs de bronzette iront se faire rôtir la carnation à l’heure de la sieste, tandis que certains comme nous préféreront rester à bord du bateau pour multiplier les plongeons. L’après-midi prendra fin sur la belle plage de Katergo, dessinée entre les rochers, un peu longuette à rallier par un chemin de terre depuis Karavostasis, mais si délicieuse quand on vous y mène par la mer. J’imagine bien qu’en plein mois d’août, ce genre d’excursion n’a sans doute pas la même saveur. Mais économiser ses gambettes l’espace d’une journée, se baigner dans des eaux cristallines inapprochables à pied, appréhender une île par le tracé de ses côtes, accoster sur une plage totalement déserte, partager avec d’autres visiteurs notre attachement pour la Grèce autour d’un tsipouro bien servi après le dernier bain, est totalement délectable !

DSC01408

Posté par Kefalonia à 22:47 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , ,

10 décembre 2014

Folégandros - Ano Meria (ou Pano Meria), du vent et des pierres

De Chora, en suivant l’unique route qui griffe Folégandros, on parcourt une ligne de crêtes pelées, ocres et desséchées ; cette saillie escarpée déroule de grandioses points de vue des deux côtés de l’île, dans une solitude absolue ; des champs, des murets, une nature sèche, le silence, mais des parfums qui montent sous le soleil à vous faire tourner la tête.

IMG_0566

IMG_0570

En quarante-cinq minutes à pied, on atteint le village d’Ano Meria, qui s’étire le long de la route sur plus de trois kilomètres. Contrairement aux autres villages, pas de place principale, de point d’encrage, de ces lieux conviviaux où se retrouvent le soir les habitants. Les bâtiments sont disséminés, sans marque tangible d’un lien social fort. Visiblement, Ano Meria respire un peu différemment. Le mode de vie austère est toujours de mise, conséquence des pénibles conditions d’exploitation des terres : le sol est pauvre, aride, anémié par des bourrasques du diable. Les murets de pierres plates ne délimitent pas seulement les propriétés mais tentent comme ils le peuvent de retenir la fine couche de terre qui dégringole vers la mer pendant les fortes pluies d’hiver.

Le village a gardé sa particularité architecturale, la θεμωνια, habitation traditionnelle où chaque famille au sens large vit en quasi-autarcie. Il s’agit d’une petite unité agricole auto-suffisante, indépendante, qui permet à plusieurs générations de couvrir ses besoins alimentaires. On y retrouve les mêmes éléments groupés, les maisons des différents descendants, une aire de battage, le réservoir d’eau, les étables, le potager, le pressoir, le poulailler, quelques oliviers et les terres cultivables.

IMG_0555

IMG_0568

IMG_0572  IMG_0565

Le village a quelque chose de perturbant car le saut dans ce temps figé n’a pas de préliminaires. En déambulant dans les petits chemins qui sinuent autour des bâtiments, on croise toutes les manifestations d’une manière de vivre ancestrale, pétrifiée. Nous nous perdrons deux bonnes heures dans le village sans croiser un seul bipède, saoulés de vent, jusqu’à l’arrivée des âniers venus chercher l’eau à la citerne. Deux heures à se faire étriller par les rafales qui glissent sur les collines dégarnies, les oreilles vrillées par leur sifflement ininterrompu, les yeux grand-ouverts devant ce morceau d’histoire qu’offre Ano Meria. J’ignore combien de temps encore les villageois resteront fidèles à leurs traditions. Mais si vous passez par là, il serait dommage d'ignorer ce témoignage d’une Grèce très authentique. Pour les bons marcheurs, de nombreux sentiers partent ensuite pour la côte la plus déserte de l’île, tout au bout vers le Nord. Elle me rappelle décidément beaucoup certains coins du Finistère, cette île de Folégandros…

 

IMG_0584

Posté par Kefalonia à 06:48 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , ,