24 juin 2015

Anniversaires en famille...

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Merci aux habitants de la Yaute 

- pour ce joli week-end au grand air,

- pour le chocolat suisse,

- pour le fromage des alpages (déjà plus de « crayeuse », c’est la cata !),

- pour le délicieux repas au bord du lac,

- pour l’ambiance relax,

- pour les bonnes ondes des deux champions.

Bisous tout plein !!

anniversaire (28)

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18 avril 2014

Anatomie de la mélancolie de l'Ouest… Robert Adams

Intro

L’endroit où nous vivons, exposition de Robert Adams

Musée du Jeu de Paume

Jusqu’au 18 mai 2014

Très ardu en ce moment d’éviter le battage, médiatique et ultra-people, des deux expositions Mapplethorpe, qui sévissent au Grand Palais et chez Rodin. Je suis de plus en plus hermétique à la photo composée, aux clichés « regardez, je fais de l’Art ! », à cet artifice qui se concentre davantage sur le cadrage, la lumière, le grain, que sur le sujet.  J’ai donc fui les délires SM et les b…  en érection du New Yorkais, au profit du travail d’un autre américain, Robert Adams, nettement moins racoleur, mais plus en phase avec son époque.

Né en 1937 dans le New Jersey, Robert Adams est un chroniqueur discret et humble de l’Ouest américain : se méfiant du numérique et de ses possibilités infinies de tricotage de la réalité, il reste fidèle à l’argentique, au noir et blanc, à des formats raisonnables (15*15, 15*20) et passe de longues heures enfermé dans sa chambre noire à équilibrer ses tirages. Cette exposition est une sorte de rétrospective, un choix de 270 clichés issus d’une vingtaine de séries, toutes publiées en albums, au long de la carrière du photographe. Sujet de ce demi-siècle de travail, l’homme et son environnement, les stigmates irréversibles de l’empreinte humaine sur une nature longtemps préservée. Et le paradoxe assez inattendu que cette violation d’un monde encore vierge peut produire des images d’une beauté inattendue. Robert Adams ne recherche pas l’esthétique, l’artifice, mais une forme de réconciliation, un réconfort puisé dans la lumière naturelle qui magnifie des images effrayantes. Il est une sorte de pèlerin, arpentant le Colorado, l’Oregon, la Californie, témoin des paysages abîmés, détruits, profanés par l’homme, qui grignote les grands espaces à coup de déforestation et de constructions effrénées. Mais il le fait à hauteur d’homme, humblement, calmement, avec sobriété, sans claironner l’anéantissement programmé ni se poser en moralisateur qui sermonne. Car il sait faire partie de cette humanité irresponsable et complexe, dotée « d’une tragique propension au mal ».  « Je veux avoir de l’espoir si je peux aussi être dans le vrai » Nul besoin de forcer alors le trait pour sensibiliser ses contemporains. Ses photos de Denver (série What we bought), en proie à un développement chaotique de sa banlieue, relève plus du documentaire que de la composition : zones commerciales, lotissements en construction, parc de mobile homes, cafeteria, terrain vague jonché de détritus, tout transpire le vide, l’ennui, les installations bon marché, dans une plaine du Colorado asphyxiée par la main avide de l’homme. « S’agiter frénétiquement n’est pas nécessaire pour explorer le cœur de la vie. »

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Pas étonnant que Robert Adams voue un culte à Edward Hopper, « clef qui permet d’accéder à la sensibilité américaine, à la lumière, à l’espace, à la beauté des lieux inachevés et à la solitude. » Le photographe partage avec le peintre la pureté des lignes, des sujets apparemment insignifiants et la contemplation de la désolation dans le silence.

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La série la plus poignante est sans conteste Turning Back, témoignage factuel du saccage de la forêt originelle du comté de Clatsop, en Oregon : larges saignées au bulldozer, collines ratiboisées, paysages désolés, sols jonchés de débris de bois, souches monumentales décapitées, on se demande quels combats effroyables ont ravagé cette forêt primitive avant de comprendre que la cupidité de l’homme est seule responsable. Adams voit d’ailleurs un lien entre « les coupes rases et la guerre », la destruction de milliers d’hectares enseignant une certaine forme de violence gratuite. C’est pourquoi il ne se laisse pas entrainer à célébrer la puissance des hommes et des machines, et à esthétiser le carnage. On croise quantité d’arbres dans les photos de Robert Adams : peupliers noirs, eucalyptus, aulnes, palmiers, car il a fait sienne cette phrase de Virginia Woolf, dans son livre de chevet, Vers le phare : « Et toutes les vies que nous avons vécues, et toutes les vies à venir, sont pleines d’arbres et de feuilles changeantes … ».

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Arbres

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01 avril 2014

Scoop Me a Cookie... laissez le chocolat agir...

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Fleurissent depuis une poignée d’années dans Paris des lieux mono-produit, suivant les glorieuses traces de Pierre Hermé et de ses macarons ; sillonner Paris en diagonale pour une denrée unique est devenu mode, tendance, qu’il s’agisse de mozzarella (Mmmozza), de chou pâtissier (La Maison du chou, Popelini, Odette…), du cup cake (Berko, Chloé S, Scarlett’s Bakery, Miss Cupcake…), de l’éclair (Éclair de génie), des angels cakes (Ciel)… c’est un filon, un concept marketing, déclinable à l’infini, mais aussi un peu sclérosant. J’aime entrer dans une pâtisserie sans idée préconçue sur ce que je vais déguster, j’aime être surprise, séduite par l’inventivité du créateur qui laisse libre cours à son imagination. C’est pourquoi, j’ai longtemps laissé ces maniaques à leur monomanie, jusqu’à un sérieux accroc dans cette ligne de conduite.

« Hâtons-nous de succomber à la tentation avant qu’elle ne s’éloigne », prônait déjà Épicure en son temps. Respectant les principes frappés au coin du bon sens des philosophes grecs, surtout lorsqu’ils m’arrangent, j’ai donc mis gaillardement en pratique cette consigne en succombant aux cookies de Scoop Me a Cookie. Si je déteste les moelleux, les mi-cuits, les fondants et autres dégoulinants machins prémâchés sans tenue, je me délecte des vrais biscuits au chocolat. Les cookies made in US ont d’unique leur extravagance, qui confine au scandaleux : c’est le dessert régressif par excellence, bien épais, dodu, ultra-riche, croustillant sur les bords, tendre au milieu, hérissé de pépites de chocolat, de fruits secs, de caramel. Le cookie a de la tenue, une dimension, une densité de vraie pâtisserie et se décline en mille variations.

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Laura Petit concocte ses cookies depuis 2010, se fait connaître d’abord sur le net et dans quelques points de vente, avant de lancer sa propre boutique dans le 11ème, depuis janvier. Le lieu est un peu exigu (4 petites places pour déguster sur place et c’est tout) mais l’accueil est extrêmement chaleureux. On y trouve des whoopies (pas testés, je n’en suis pas une grande fan) et des cookies donc, des créations uniques aux noms rigolos, concoctées à partir d’excellentes matières premières. Impossible de tout tester, mais vous pouvez commander des mini-biscuits pour varier les saveurs.

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Mon préféré est sans conteste « Give me more », au gianduja et noisettes du Piémont caramélisées, suivi par « Je veux un câlin », au chocolat au lait et fleur de sel. Ces cookies ont presque quelque chose d’indécent (genre plaisir solitaire pour adulte averti) tant leurs goûts sont puissants, bien marqués : certains d’entre eux sont travaillés à partir d’une pâte au chocolat noir Valrhona à forte concentration de cacao et les papilles en sont toutes secouées ; on est très très loin de la platitude des produits industriels.

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Pour les gastronomes en culottes courtes, et les grands aussi, Laura Petit propose des saveurs plus douces, tels les cookies incrustés de Schokobons, de barre Kinder Maxi ou de beurre de cacahuète. Je suis arrivée tôt, à l’heure où les cookies sortaient du four… un ravissement pour l’odorat mais tous n’étaient pas encore disponibles : je reviendrai dans pas longtemps pour goûter ceux préparés au thé Matcha. Pas de crainte pour la ligne, un cookie est largement suffisant pour le goûter (3.50 ou 3.90 euros le cookie au choix), impossible d'en manger un second tant le biscuit est généreux. Le bon plan, en acheter plusieurs, couper en quatre et partager entre amateurs !

Le site, c’est ici : http://www.scoopmeacookie.com/fr/

Le shop, c’est là : http://www.scoopmeacookie.com/fr/3-cookies#

 5/7 rue Crespin du Gast - 75011 PARIS         Métro Parmentier, Saint Maur ou Ménilmontant

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23 mars 2014

« La Belle Mèche » en vaut bien la chandelle…

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Moi qui n’ai rien d’une vraie fille (j’entends par là le côté girly hypertrophié / shopping débridé / soldes hystériques / magazines féminins / science de la déco tendance / pâmoison devant une paire de Louboutin) - encore que mon budget cosmétiques mensuel participe considérablement à la bonne santé de Nuxe et de Melvita -, la demi-fille que je suis donc, craque, fond, se ruine cependant en bougies aux senteurs délicates et rares. Mais lorsque l’on est dotée d’une caboche facilement migraineuse, les arômes trop marqués, trop bigarrés, les composants chimiques, synthétiques, voire carrément nocifs qui empreignent des cires venues dont on ne sait où, n’ont pas droit de cité. Ce motif et une pointe d’intransigeance m’avaient amenée à ne voir mon salut qu’en Diptyque : Thé, Feu de bois et Bois ciré en hiver, Jasmin, Gardénia et Tubéreuse* en été. Á quarante quatre euros la bougie de 190 grammes, ça commençait à devenir dispendieux au-delà du raisonnable.

En passant ma commande annuelle de chaussettes bouclettes Made In France sur le site de l’Archiduchesse (six euros la paire, mais la qualité impec’, les couleurs tendances, les jeunes entrepreneurs qui osent et le soutien à nos petites mains très qualifiées, les valent largement), le blog dudit site saluait l’arrivée d’une nouvelle entreprise de deux frais trentenaires, partis de la ville vers les espaces verts pour s’aérer les neurones et travailler un beau produit, simple, clean, rajeuni, fabriqué dans le Sud de la France par des artisans qui connaissent leur métier. « La Belle Mèche » propose donc des bougies colorées bien flashy et douze bougies parfumées, que je me suis empressée de tester (enfin, pas toutes, trois sur douze). Les créateurs certifient une cire végétale de haute qualité et des parfums de Grasse, ce qui a rassuré la céphalée chronique que je suis. La grande majorité des bougies fonctionnent en bi-goût (Tomate-Basilic, Pamplemousse-Citron vert, Verveine-Lavande…) que l’on ne retrouve pas partout. Les associations sont originales sans être extravagantes et elles ont toutes un sens, olfactif, ça va de soi. Et surtout rien de sucré, poisseux ou entêtant.

Les pots sont tout simples, droits comme des verres à whisky, la cire toujours blanche fond uniformément, différence notable avec les cires bas de gamme.

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Résultat du crash test :

- Bougie Menthe-Basilic. C’est tonique, stimulant, le basilic adoucissant la vivacité de la menthe. Parfait pour mettre de bonne humeur le matin.

- Bougie Verveine-Lavande. On perçoit d’abord les senteurs citronnées, rafraichissantes, de la verveine avant la lavande. Les premières notes sont vivifiantes, acidulées avant d’être tempérées par le calme rassurant de la lavande. Idéal pour retrouver sa zénitude après un moment de stress.

- Bougie Figue-Rhubarbe. Je redoutais la redondance de fruits, et le pic de glycémie. Pas du tout, c’est fruité sans être écœurant, la rondeur de la figue (le fruit, pas la feuille) venant contrebalancer le mordant de la rhubarbe. Ce mélange étonnant évoquerait presque l’odeur d’un smoothie à la fraise, les yeux fermés, tant il paraît doux. Oui, j’ignorais que la fraise était le chaînon manquant entre la rhubarbe et la figue…

Les trois bougies sont parfaitement équilibrées, réfléchies, les alliances de parfums sont harmonieuses sans être banales. Validé ! Je testerai la prochaine fois Encens-Papyrus et Bois d’Ébène, de vraies intéressantes créations. Le prix de chaque bougie parfumée est fixé à 29 euros, pour 190 grammes, ce qui ne me paraît pas onéreux vu leur qualité et leur durée de vie.

Le site c’est là : http://www.labellemeche.com/

 

* ce mélange de senteurs rappelle Jardin de Bagatelle de Guerlain, humé de mon museau.

 

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16 février 2014

I ♥ Martine*, au Musée en Herbe

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Les filles de ma génération (nées entre 1970 et 1980) suivaient dans leur lecture une immuable progression : Caroline et Martine, Fantômette, Le Club des Cinq et Alice. Impossible d’y couper, aussi inévitable que nos sous-pulls acryliques et les couleurs flashy de nos pantalons en velours côtelé ! Les photos de classe sont, à ce sujet, accablantes…

Martine fête cette année ses soixante printemps et le Musée en Herbe** propose une petite exposition pour les enfants (et pour ceux qui le sont restés) autour des albums. Beaucoup de petites filles accompagnées de leurs mamans (plus émotionnées que leur progéniture d’ailleurs pour cette parenthèse un brin nostalgique) déambulent dans les deux salles consacrées à l’héroïne belge. La première ravira les grands, puisqu’elle salue le travail des deux créateurs, l’illustrateur Marcel Marlier et le scénariste Gilbert Delahaye. Les dessins préparatoires aux albums sont les pièces maitresses de cette salle : Marcel Marlier dessinait plus de 600 esquisses par album pour ne garder que 18 dessins définitifs. Ces dessins au crayon levé sont presque plus vivants que leur version finale, écrasée par les aplats de couleurs.

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Dans la seconde salle, les albums sont présentés par thématique (Martine apprend, Martine et le sport, Martine et le voyage.) autour d’objets issus de l’univers un peu daté de la petite fille : paire de skis des années 50, bureau d’écolier, machine à laver à l’ancienne… les enfants sont invités dans une sorte de jeu de piste interactif avec un quizz, des puzzles, pour s’approprier une époque qui doit leur apparaître bien archaïque.

On suit ainsi, au long des dessins qui parsèment les murs, l’évolution de Martine à travers sa coupe de cheveux, ses vêtements, ses activités, mais aussi celle de toute une société qui n’a plus rien à voir avec celle de 1954. Même le style des dessins a bien changé entre le premier album Martine à la ferme et l’ultime Martine et le prince mystérieux, en 2010 : moins vif, moins « école belge », au profit d’un univers « évoquant la peinture romantique allemande », dixit l’éditeur Casterman. L’univers s’est peu à peu affadi, s’est « aquarellisé » à outrance et c’est bien regrettable.

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J’ai cherché un peu perfidement dans les dessins accrochés les fameuses petites culottes blanches que Marlier dessinait sans arrière-pensées, à un moment où toutes les gamines portaient de très courtes robes. Il a fallu attendre notre époque qui voit le mal partout pour rendre pervers ce qui était parfaitement innocent, et qui ne choquait ni les jeunes lectrices ni leurs parents. Le regard des pères-la-vertu est devenu bien vicieux… Alors Marlier rallonge les robes de Martine et ses cheveux par la même occasion (hé oui, Tomboy avant l’heure avec ses cheveux courts, à ses débuts, notre Martine !), et aseptise un univers qui n’a plus rien de réaliste.

Je reprochais d’ailleurs à Martine sa perfection, sa sagesse, son dévouement, son bon caractère, ses dons innombrables et son goût aberrant pour les tâches ménagères : nous nous sommes définitivement quittés avec la parution de Martine, petit rat de l’Opéra, les bornes étant pour moi dépassées. Je n’ai jamais compris l’engouement de certaines de mes camarades de l’école primaire pour les tutus roses et les pointes, les chignons et les rubans, tout ce qui me les faisait ranger dans la catégorie définitive des « pimbêches chichiteuses », alors que je trouvais formidable de jouer au foot, de rouler à fond sur mon vélo et d’escalader les arbres ; ça c’était le programme d’un mercredi réussi ! Alors j’ai délaissé Martine pour Caroline, l’autre héroïne beaucoup moins lisse, moins nunuche, affublée d’une salopette rouge, de couettes blondes et d’une bande d’animaux très dissipés dont deux impayables chats. Caroline est, elle aussi, sexagénaire : dommage qu’aucun musée ne s’en soit aperçu.

Caroline

 

* I ♥ Martine …je cherche toujours le pourquoi du choix d’un titre pareil….

**Le Musée en Herbe
21, rue Herold
75001 Paris

Jusqu’au 02 mars 2014

 

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23 janvier 2012

Korres, la gréco-cosmétique… καλός καί άγαθός

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Que celle qui n’a jamais attrapé de coups de soleil en Grèce lève le doigt ? On a beau y prendre garde, les rayons d’Hélios sont fourbes, surtout sur le ferry qui vous ouvre les portes du paradis, alors que votre teint, plombé par une météo parisienne funeste, a tout de l’anémie persistante.

La pharmacienne bien urbaine de Poros me recommanda vivement les produits d’une marque alors inconnue de ma pomme, Korres. Un bref coup d’œil sur la composition on ne peut plus claire (les tartinages de parabène, silicone et dérivés d’hydrocarbure, on s’en passera) me tranquillisa, cette marque grecque avait tout pour plaire.

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J’appris plus tard que cette marque fut fondée par un pharmacien homéopathe, originaire de Naxos (Γιωργος Κορρές), soucieux de proposer des produits naturels, abordables, sans fausse promesse abracadabrantesque, fabriqués en partenariat avec des coopératives d’agriculture biologique.

Je devins immédiatement addicte au lait corps hydratant après-soleil à l’aloè vera, dont j’abusais durant tout l’été, pour son efficacité comme pour son parfum subtile.  Je commis l’erreur de ne pas dévaliser la pharmacie de ses autres produits, découvrant à Paris que les prix pratiqués en France étaient multipliés par deux.

Toutefois, je déclinais ma dépendance avec de formidables gels douche (mention spéciale pour celui à la figue qui ensoleille votre salle bain, et votre moitié craquera pour ceux au cèdre et au basilic/citron, plus masculin). Les gommages et crèmes nourrissantes sont tout autant recommandables. La gamme visage au vrai yaourt tient ses promesses, haut la main, surtout en été, apaisante et rafraichissante.

 

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Si vous êtes un peu déprimée ou grincheuse cet hiver, en attendant de revenir en Grèce aux beaux jours, voilà un bon moyen de vous redonner la pêche, tout en soutenant une entreprise grecque, qui elle, le vaut bien.

Achats en ligne, ici : www.korres.fr

Boutique dans le 5ème, 54 rue des Ècoles et bon rayon au « Bon Marché » dans le 7ème.

 

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03 janvier 2012

Goûter gourmand au Plaza Athénée

Entrée

 Il y a deux écoles : les filles raisonnables qui, entre Noël et le bout de l’An adoptent le régime austère d’un anachorète en plein désert pour se donner bonne conscience et les autres, les athlètes de la gourmandise qui refusent de martyriser leur estomac et assument leur vocation au partage des nourritures terrestres.

Inutile donc de faire sa bêcheuse, quand on sait que Christophe Michalak officie comme Commandeur de la Pâtisserie au Plaza Athénée, il serait superflu de chercher un autre lieu pour des agapes sucrées.

On arrive avenue Montaigne beaucoup moins stressée qu’au Ritz (c’est fou, ce que l’on s’y fait vite à ces palaces), on admire les Bentley et autres Ferrari qui attendent leurs propriétaires, occupés à faire chauffer leur Black dans des boutiques dont je n’aurais aucune envie de pousser la porte. Une certaine propension au snobisme ne saurait se confondre avec le mauvais goût…n’est-ce-pas, d’Aprequiche ? (Private Joke 0010)

Le grand hall du Plaza, décoré avec faste, mais distinction, en impose tout de même : les volumes sont beaux, c’est classieux sans être clinquant, le personnel toujours aussi charmant. Direction « la Galerie des Gobelins », où je retrouve Ισαβέλλα, qui assiège la seule table libre des réservations des clients de l’hôtel. Lustres chargés, larges fauteuils, tons reposants, ambiance feutrée, service gracieux et simple.

 

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J'opte pour un thé « mélange Plaza », aux saveurs de figue, noisette, coing, raisin. Ισαβέλλα se laisse tenter par le chocolat chaud… intitulé bien pâle à côté de ce qui lui sera servi : de la chocolatière en argent, se déverse une réduction dense et moelleuse de chocolat intense qui sera adoucie dans la tasse par un ajout de lait. Si vous avez goûté à celui du Florian, c’est au-delà.

Le chariot des desserts approche de notre guéridon, sous l’œil taquin du serveur qui connaît parfaitement l’effet produit. Restons convenables, refrénons notre enthousiasme, on a juste envie de tout goûter. Nous sélectionnons les deux grands classiques, la fleur Red Power (base de financier, mousse de litchi et framboise) et la Religieuse au caramel salé, si appétissante que je croque voracement dans son chapeau, en oubliant les couverts. Aucun regard réprobateur, ça doit se faire, même au Plaza. Pas de déception, les goûts sont nets, les textures bien travaillées, c’est gourmand à souhait, aussi beau dans l’assiette que savoureux en bouche.

Oui mais voilà, un modeste gâteau ne saurait rassasier son monde, un deuxième round s’impose. Le Mille-feuille à la coupe étant célèbre, aussi bien pour sa présentation sur la tranche que pour la légèreté de sa crème, il sera de la partie. Un kouign-amann (en fait deux !!) viendra mettre fin à ce goûter. Ces deux gâteaux sont servis beaucoup plus généreusement que les pâtisseries individuelles, et je dois l’admettre, j’ai calé. Ce Mille-feuille est à la hauteur de sa légende, même si j’apprécie aussi la version classique avec une bête crème pâtissière.

Ce qu’il y a d’appréciable dans un palace qui s’ouvre à la plèbe,  c’est que les va-nu-pieds sont traités avec les mêmes égards que les possesseurs de Weston. Malgré le nombre de gourmands qui se pressaient à l’entrée de la galerie, personne n’est venu nous déloger ou afficher un début de commencement d’exaspération. Il est impossible de réserver sa table à l’heure sucrée. Arrivez avant 16h30,  roulez-vous dans le luxe et mordez sans remords dans les rondeurs dodues d’une pâtisserie de haute volée.

 

Red Power

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10 octobre 2011

Amour, Amitié, Fidélité… la Trinité selon Cartier

index« Une bague triplement saturnienne »

Telle est l’indication de Jean Cocteau à Louis Cartier en 1924, lorsqu’il lui demande de réaliser selon ses indications, un bijou enlaçant trois anneaux d’or rouge, or jaune et platine.

Cocteau la portera à l’auriculaire de la main gauche, doublée d’une autre, tout en platine. Les légendes ont la vivacité tenace : tout le monde rabâche que cette bague a été conçue pour Radiguet, comme témoignage d’affection. Mais Radiguet a été emporté par la fièvre typhoïde en décembre 1923… D’autres affirment que c’est Natalie Paley qui en est la récipiendaire, au motif que les alliances rationnelles russes sont faites de trois anneaux. Mais là encore, le calendrier ne peut soutenir cette théorie. Il faut attendre le début des années 30 pour que l’écrivain et la fille du grand-duc de Russie tombent en amour.

Un membre de la maison Cartier nous a suggéré assez astucieusement que l’imaginaire créatif de Cocteau avait pu être influencé par les costumes des danseurs des Ballets Russes, robes à cerceaux, bracelets massifs aux poignets et autres anneaux aux chevilles. Quand on connaît le procédé complexe et tortueux des réalisations artistiques de l’écrivain, cette conjecture semble nettement moins fabriquée.

Ainsi, plus simplement, l’écrivain l’a conçue pour lui, même s’il n’a pas manqué par la suite de l’offrir à ses proches. L’or gris a remplacé depuis le platine, la bague « Trois ors » est rebaptisée « Trinity » depuis 1998, mais elle fait toujours partie du mythe. Pour les Parisiens, il suffit de pousser la porte du 13 rue de la Paix, pour entrer dans la légende. Même remarque que pour les grands hôtels, ces bijouteries de luxe ne proposent pas seulement des joyaux dispendieux et il n’est pas nécessaire de passer une queue-de-pie. Vous serez accueilli avec élégance, sérieux et bienveillance, même en jean. Il me semble que nous étions là encore les seuls Français à échanger avec notre « hôte » dans de jolies et discrètes alcôves, ravi de raconter l’histoire de la maison Cartier et de parler ballets des années 20.

Petite « private joke » pour l’ami Poncelet : « aimer les beaux endroits et les jolies choses n’est pas forcément signe d’affectation. Mais avec un doigt d’audace et d’assurance, on peut découvrir des atmosphères que l’on pensait bien inaccessibles à ses origines. » Fermez le ban.

PS et pas des moindres, pour quelqu'un qui se reconnaîtra... "Merci infiniment pour ce cadeau dont je rêvais depuis mes 17 ans" / with love.

 

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27 septembre 2011

On ose la vie de Palace !

2Passant une bonne partie de mes journées autour du quartier de l’Opéra, – Garnier, j’entends, pas le grand machin qui partait déjà en lambeaux quelques mois après sa construction –, je croise un nombre certain de touristes aux poches pleines (de yens, de dollars, de riyals) qui poussent avec flegme les portes tambour du Ritz, du Meurice, du Bristol ou du Crillon. J’ai beau bougonner sous cape, il faut se faire une raison, nos émoluments mensuels ne pourraient suffire à passer le porche de ces établissements, à moins d’avoir spéculé sur la dette grecque depuis quelque temps.

Mais, c’était sans compter les bons plans des copines (πουλάκι μου,  Ευχαριστώ πολύ !), qui ont l’épatante idée de vous y convier pour un petit déjeuner d’anthologie. On gambade comme une gazelle en recevant l’invitation, on sourit benoîtement et puis on commence à paniquer : « Mais on s’habille comment ? Vais-je faire illusion ? Je vais frôler le ridicule absolu devant des gens qui vont vite me démasquer ».

On se calme, on se détend : on laisse juste tomber la paire de Converses, on assure la veste griffée qui va bien, un joli collier et roulez fillettes, le jour de gloire est arrivé. Cette porte tambour tourne cette fois-ci pour nous (le taux de satisfaction revancharde crève le haut plafond) et… Diantre que c’est beau ! Du marbre partout, des tapis mœlleux, des fleurs à foison et on s’approche du salon de l’Espadon (« RITZement » nôtre) en retenant son souffle. Hé bien, oui, l’ambiance feutrée et le décor imposant vous scient un peu les genoux. Toutefois, l’extrême courtoisie du personnel vous enlève vite l’enclume qui pesait deux tonnes sur vos épaules, on s’assied… et on savoure toute l’aubaine de déguster ici son café du matin.

Quand je dis café… la carte du petit déjeuner ferait saliver tous les gourmands du monde : il y en a pour tous les goûts, toutes les bourses, toutes les envies : viennoiseries célestes, produits laitiers sous toutes ses formes, plats salés de grand qualité (œufs/fromages/saumon/jambon) selon tous les desiderata du client, pain perdu, pancakes, spécialités japonaises… les accessoires de table, en argent bien lourd qui pèsent en main, poseront quelques angoisses : « Mais ça se tourne dans quel sens ? Tu crois que je dois enlever le couvercle ? » … j’avoue, impossible de faire semblant quand on n’appartient pas à un certain milieu. Le personnel charmant, amusé de notre réserve,  et ravi de pouvoir enfin parler sa langue maternelle (aucun Français ce matin-là dans le salon) nous servira avec professionnalisme et amabilité.

Un conseil, dépassez votre appréhension, mettez en sourdine votre timidité, osez rentrer dans ces palaces étoilés cinq fois qui s’ouvrent à tous pour des petits-déjeuners, des brunchs, à l’heure du thé et goûtez pour une heure ou deux ce luxe, ce faste, cette sérénité, que l’on doit quelquefois s’offrir : les grands hôtels qui font rêver nous appartiennent aussi.

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31 août 2011

Spa Nuxe… the first, the one

309859_spa_nuxe_de_montorgueil_le_spa_nuxe_du_0x384_1Depuis quelques années, les SPA fleurissent dans la capitale ; toute marque se doit d’avoir son espace dédié, question de standing, de crédibilité… et de rentabilité. J’ai du en tester une bonne douzaine, étonnée parfois de l’amateurisme de certaines praticiennes, de l’hygiène pas toujours au rendez-vous, de l’exigüité des cabines individuelles, de la mauvaise isolation phonique, des réflexions vachardes entendues derrière le dos des clientes… pas toujours glamour et beauté.

Je me souviens d’un endroit situé dans le XIème, où je me suis retrouvée entre les mains d’une gamine visiblement en stage d’études, qui questionnait fébrilement sa consœur moins novice (mais j’ai l’ouïe fine), sur le soin corps qu’elle devait effectuer. Refroidie par la mine inquiète de cette débutante, je finis par rire nerveusement lorsque je la vis amener dans la cabine (où des cheveux traînaient), un seau (genre récipient industriel de 5 litres en plastique) contenant le gommage prévu. Ce lieu était pourtant recommandé dans une « box » assez  fameuse… méfiance donc.

A l’opposé de ces pratiques suspectes, je reviens toujours au SPA Nuxe, découvert il y a dix ans. Oui je sais, les tarifs y sont ruineux. Mais comparé au grand n’importe quoi qui règne souvent chez les concurrents, je préfère espacer mes visites mais être assurée de l’excellence de l’endroit.

Le SPA s’est agrandi en ajoutant un numéro à l’adresse originelle du 32, rue Montorgueil. J’ai testé à deux reprises le N° 34 qui ne m’a pas convaincue : les cabines sont plus petites, les couloirs de pierre sont étroits et vite étouffants, et on a un peu l’impression de manquer d’air (genre cachot des Serpentards…). Le bassin est un tantinet mesquin dans ses proportions et sert à des « activités » singulières, tel le Watsu (sic ???) et le modelage aquatique (re-sic ???). Un peu fumeux.

A contrario, le 32 possède tout ce qu’on l’on peut attendre d’un grand SPA. Des espaces larges, des hauteurs sous plafond (sauf pour une petite cabine à la fin d’un couloir), une jolie décoration, le goût des petits détails (éclairage à la bougie, senteurs agréables, thé Mariage Frères, petits sablés…). Celles qui dispensent les soins sont de vraies professionnelles, pas forcément toutes très jeunes mais elles connaissent leur métier, les bons gestes, pour allier efficacité et bien-être, et n’abandonnent pas leur cliente le temps de pose d’un produit. Chaque soin est pensé pour procurer un maximum de détente et de relaxation, pour une peau toute nette et satinée. L’ambiance y est très calme, feutrée et l’on s’y sent comme … une personne unique. Les massages prodigués le sont avec savoir-faire et sérieux (mention spéciale pour le maître Shiatsu). On en ressort reposée, déstressée, sereine… mieux disposée envers soi et envers les autres.

http://www.nuxe.com/spa-nuxe/spa-nuxe-32-34-montorgueil-spa-1.html

 

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