26 juin 2012

Ντίνα Νικολάου s’épanouit dans le VIème sans se diluer…

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Décidemment, les réussites gastronomiques grecques à Paris sont histoires de famille. Si la tribu chypriote Mavrommatis régnait sans partage depuis des décennies sur les bords de Seine, les sœurs Nikolaou lui taillent doucement des croupières.

Je tiens le restaurant du chef grec Dina Nikolaou et de sa sœur Maria, Evi Evane, pour la meilleure table grecque testée selon mes papilles. Nous y sommes retournés samedi dernier un peu par hasard pour goûter le menu déjeuner à 16 euros et je maintiens mon appréciation. Si le dîner du soir peut faire grimper l’addition (carte des vins excitante et plats à la carte plus élaborés), ce menu du midi tient bien la route. Haloumi saganaki, deux mezzés froids au choix, salade  grecque copieuse ou poulpes confits, suivis selon vos appétences d’un excellent poulet farci au poivron et à la feta, de keftedes grillés riches en herbes, d’une moussaka maison ou de brochettes marinées. Tout est ultra frais,  riche en goûts, léger, délicat et très raisonnable, vu les prix pratiqués dans ce quartier. Il y a toujours une importante marge de progression en ce qui concerne le service, qui peut vaciller dangereusement selon le serveur qui vous sera octroyé.  L’un est un garçon de Rhodes, charmant et souriant, l’autre… un vieux bougon à la comprenette ralentie, l’humeur chagrinée par les longs hivers parisiens sans soleil, qui a tout oublié de l’hospitalité légendaire de son pays (j’ai senti passer la correction glaciale d’un accusatif utilisé malencontreusement à la place d’un nominatif - oups, plantage -  assénée on ne peut plus sèchement). Pour un peu, il m’aurait envoyée au coin…

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Mais la bonne nouvelle, c’est l’ouverture d’une boutique « traiteur – épicerie – plats sur le pouce », à deux pas du Bon Marché, rue Saint Placide. Accueil plus enthousiaste, chaleur dans la voix, on se sent très bien venu… et on retrouve pour pas cher la bonne cuisine de la maison-mère. Goûtez leur tarama blanc, c’est juste l’extase. La volonté de ne proposer que des produits de très bonne qualité est évidente. Vous pourrez ainsi multiplier les saveurs en emportant des portions de vos mezzés préférés, ou des parts de plats familiaux (moussaka, gratins de légumes, poulets farcis…), feuilletés légers, salades savoureuses et colorées, nombreux fromages grecs, desserts (galatopita, baklavas, kourabiedes…), huiles d’olives, grand choix de vins (dont le Robola blanc de Céphalonie, vous m'en direz des nouvelles), tisanes bio, miels, ainsi que divers aliments de base pour confectionner des plats typiques quand le manque de la Grèce se fait trop sentir.

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25 novembre 2011

L’abrutissement dans toute sa splendeur…

Il y a des jours où j’ai un peu de mal à suivre mes contemporains. Jeudi 24 novembre, les flâneurs, qui se promenaient sur les Champs, ont écarquillé leurs quinquets devant une gigantesque queue (1h30 selon la presse),  un troupeau de filles martelant le pavé pour avoir l’émérite honneur de pénétrer dans le flambant neuf "Marks and Spencer", qui ouvrait de nouveau son tiroir-caisse.

Il y a dix ans, la firme anglaise avait fermé 18 magasins en France et mis sur le carreau 1 700 employées, prévenues par mail et par les media, de ce gigantesque plan social. Comme le rappelle le Nouvel Obs : « L'annonce avait déclenché un conflit social de plusieurs mois, très médiatisé, et un tollé dans la classe politique. En 2005, l'ex-PDG Luc Vandevelde, avait été condamné à 3.750 euros d'amende pour entrave au Comité d'entreprise. ».

Et aujourd’hui, les gogos se pressent tout sourire devant des rayons de jelly translucide 100% chimique, de sandwichs poulet-bacon pain de mie humide, de plats cuisinés sous vide, de scones cotonneux et de gâteaux trop sucrés et trop gras, comme s’ils avaient connu un rationnement soviétique durant une décennie.

Après tout, la direction de "Marks and Spencer" a raison : plumer des moutons de Panurge coprophages à la mémoire courte, c’est tout simple. La manipulation des masses abruties par la futilité fait certains jours très peur. Visiblement, la crise ne touche pas les bonnes personnes.

 

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