13 juillet 2012

Ithaque - Á table !

La meilleure table d’Ithaque ne se situe pas les pieds dans l’eau mais en plein cœur du village de Stavros. Πολυφημο (Polyphemus) est un endroit assez unique… qui tient de la chair et de l’esprit. Si vos convictions personnelles s’épanouissent amplement sous des doctrines « libérales débridées », passez votre chemin. Car le premier étage de la bâtisse vénitienne abrite un musée dédié au Che, et un drapeau cubain flotte à l’entrée (la bobine de Lénine est aussi accrochée en bonne place). Vous savez où vous mettez vos sandales…

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Si une chef grecque règne sur les cuisines, la propriétaire du lieu est une suissesse polyglotte, haute en couleurs, avec qui nous avons plus d’une fois refait le monde à pas d’heure, en sirotant un excellent mais perfide tsipouro. Les tables sont disposées au cœur d’un grand jardin, décoré d’objets de récup' retapés et judicieusement agencés, dont les chats ont fait leur terrain de jeu. La carte mélange des mezzés traditionnels, des plats végétariens avec des recettes plus créatives :  la chef usant des épices, aromates, marinades, nos papilles jubilent devant les saveurs et le bouquet des plats, comme cette daurade marinée « psari savoro » dont la recette date de l’occupation italienne « pesce in saor » ou cet agneau en papillote, d’une succulence et d’un fondant jamais égalé. Pour trempouiller dans la salade d’aubergines, testez la pita craquante faite à la minute, qui arrive toute chaude sur votre table, c’est un must. Alors, évidemment, tout cela a un prix, supérieur aux tavernes traditionnelles. Mais il serait vraiment dommage de ne pas goûter au moins une fois à cette cuisine simple en fait, légère et délectable.

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Et puis, il y a le cas Kalypso… on va dire que je m’acharne sur le village de Kioni, mais cette table est à l’image du lieu, prétentieuse et fausse. Même si on y dîne très bien. Je crois que c’est la première fois que nous sommes confrontés à un serveur aussi … peu grec. Comme Kioni est le port des voiliers loués par les Anglais (beaucoup de frime, pas beaucoup de voileux qui savent manœuvrer), le serveur vous parle d’office dans la langue de Shakespeare, tapote votre commande sur un PDA (!!!) et insiste lourdement pour vous faire consommer davantage (business is business). Il cajole les tables de Grands-Bretons qui s’empiffrent en vidant leurs pintes, bruyamment. Même si les plats se sont révélés excellents (poulpe parfaitement cuit, la salade de figues rôties, feta et noix ultra fraîche et savoureuse, comme le tirokafteri), nous avons dès le lendemain délaissé le lieu, pour du couleur locale plus accueillant et amical.

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Á l’opposé de cette attitude de courtisan servile, à Frikes (décidemment, les villages ont les tavernes qu’ils méritent !), on vous accueille, on vous dorlote, on échange avec vous… et on vous surprend. Chez Penelope (encore une), il faut venir tard, en même temps que les Grecs, pour le meilleur rapport/qualité prix de l’île. Plats locaux, tout simples mais très bons, belle ambiance, chaleur humaine et bonne humeur. Un jour que nous avions manifesté notre enthousiasme pour Anogi, nous avons vu le sourire de Constantina, la femme du patron Stathis, s’épanouir jusqu’aux deux oreilles : native de ce bel endroit, elle posa sur notre table un plat de fromage au thym et la menthe, lové dans une feuille de filo croutillante, avec un sourire entendu : ce fromage de brebis fondant descendait tout droit d’Anogi. 

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Les deux tavernes contiguës à Penelope (Symposium et Rementzo), sont tout autant dignes de combler votre appétit, avec peut-être une préférence pour la dernière, souvent pleine. Nektarion et … Poppy (oui, encore) sont plein d’attention avec leurs clients, prennent le temps de bavarder, d’expliquer les plats, s’excusent parfois de la lenteur du service mais comme tout est fait maison et savoureux, on attend en souriant que les copieuses assiettes arrivent sur la table, arrosées d'un second "lefko krasi", offert par la maison.

 

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09 juillet 2012

Ithaque - « plages » du nord, et plus encore

L’île d’Ulysse se distingue de ses consœurs ioniennes par son dédain total des étendues de sable. La mer l’aborde sur de minces rivages de galets blancs polis (au mieux), voire de cailloux coupants au possible. Les plus belles criques sont bien souvent impossibles d’accès sans bateau. Cette inaptitude au farniente au long cours, aux jeux de plages turbulents, et au regroupement familial bruyant, préserve Ithaque de l’envahissement touristique.

En-dessous de Stavros, après quelques lacets, l’anse de Poli n’attend que vous, à côté d’un tout petit port où se dandinent des bateaux de pêche. Le lieu est connu pour abriter les ruines d’une ville engloutie après un violent séisme en 967 ainsi que la grotte de Loïzos, où fut trouvé le fragment de terre cuite portant l’inscription « Vœu à Ulysse ». S’il n’y a plus grand' chose à voir de ce sanctuaire dédié au plus grand des marins grecs, à demi-immergé par le dernier tremblement de terre, en usage dès l’époque mycénienne et dont les découvertes archéologiques sont visibles au musée de Stavros, la petite anse à gauche du port vous offrira une eau transparente pour vous ragaillardir.

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Poli cache aussi un autre lieu de culte, un peu moins archaïque mais plus touchant, tout de suite à droite : une petite chapelle de pierre, bien discrète, un peu écroulée, protégée par un vague toit de bois. La rencontre est inattendue : on reste stupéfait de découvrir, parmi les vestiges, que les ravages du temps ne découragent pas les visites des fidèles. Peut-être, est-elle devenue le lieu des offrandes à Ulysse pour les pêcheurs du port de Poli, qui restent ainsi sous sa protection depuis l’effondrement de la grotte primitive ?

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De l’autre côté de Stavros, on atteint en peu de temps la baie d’Aphalès, toute au Nord, déserte en ce début juin. Nous n’y croiserons qu’un jeune couple de Finlandais, sacrifiant à Hélios dans le plus simple appareil. Sa côte découpée, qui plonge brutalement dans l’eau, aligne une suite de toutes petites criques, assez risquées pour de jeunes enfants. Même la mer, plus froide ici, oppose un méchant courant dont on se méfie très vite. L’ambiance est celle d’un chaos total de pierres, dégringolant jusque dans l’eau. C’est sauvage, brutal, primitif, un paysage indompté où les éléments se fracassent crûment.

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Et puis, il y a « notre » plage, la plus belle, Aspro Gialos, proche du village de Lefki, en face de Céphalonie que l’on pourrait presque rejoindre à la nage - presque. On laisse sa voiture, on descend un chemin dans la végétation et on arrive sur une petite plage de galets tout ronds. L’eau est translucide, le silence, total, le calme, absolu. La mer est pour vous seul, en juin… nous avons aperçu des transats empilés (peu nombreux, les rivages étant très étroits à Ithaque) qui témoignent d’une certaine fréquentation en haute saison, loués 10 euros la journée !!!!

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Si des impératifs vous obligent à venir en juillet ou en août, vous trouverez de la tranquillité en louant des petits bateaux à moteur (40 euros la journée), au port de Kioni. Nous avons testé, c’est très maniable et on s’amuse beaucoup lorsqu’il faut jouer de l’ancre et du bout’ en même temps pour amarrer le frêle esquif avant de plonger dans une eau émeraude.

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04 juillet 2012

Ithaque - en passant par Anogi (Ανωγή)

Après le goulet d’étrangement qui ceinture l’île comme un corset bien sanglé, deux routes permettent de relier Stavros selon votre humeur du jour. Soit vous restez au niveau de la mer, Céphalonie bien visible à main gauche, sur une corniche qui sinue parmi une dense végétation verte et touffue, soit, vous prenez de la hauteur en partant à droite, en suivant une saillie de la roche qui vous monte sur les flancs du mont Neritos, culminant à 806 m. Cette route est bien plus attachante, même si elle vire souvent sec. Domaine des quadrupèdes à poils, plus ou moins longs, et à laine, il est recommandé de ne pas dépasser le 30 à l’heure, pour éviter de freiner comme un sauvage devant des biquettes qui traversent nonchalamment devant votre pare-chocs. Elles sont chez elles et leur regards hautains, voire dédaigneux vous le font vite sentir. Le paysage s’assèche, les oliviers et les pistachiers se raréfient, on circule dans une quasi garrigue brossée par les vents, constellée de pierres imposantes qui émergent des broussailles.

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Le premier arrêt, à 600 mètres, sera pour le Monastère de la Panagia ton Katharon, lieu de pèlerinage des habitants de l’île. La vue sur Vathi est époustouflante, mais attention au souffle d’Éole, redoutable, qui vous empoigne sans ménagement. Un moine venu du Mont Athos s’est établi dans le monastère, en grands travaux pour le moment, mais il est toujours possible de visiter l’église, qui protège l’icône sacrée de la Nativité de la Vierge, attribuée à Saint Luc ainsi que l’hôtellerie, qui nous a laissés comme deux ronds de flan. Le long bâtiment blanc, décrépi et vétuste repose en l’état. Les cellules à l’abandon, qui accueillaient les pèlerins, sont encore encombrées de lits et de couvertures, le tout poudré d’un bon centimètre de poussière, de toiles d’araignées épaisses, qui ne datent pas d’hier. On parcourt ce corps de logis dans le silence, le vent sifflant à travers les vitres brisées et les portes disloquées. Ambiance singulière…Mais c’est aussi dans ce Monastère qu’on redoute visiblement de voir s’envoler les cloches…le Moine, qui ne manque visiblement pas d’humour, ouvre t-il la cage à Pâques, au moins ?

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Si vous êtes gourmand des belles découvertes, il faut reprendre la route jusqu’à Anogi, village médiéval tranquille, où les belles maisons de pierre se sont endormies depuis des années. La petite centaine d’habitants, âgés pour la plupart, parlerait encore un dialecte fortement influencé par la présence dans l’île des Italiens ; le campanile vénitien se dresse d’ailleurs à côté de l’église de la Dormition de la Vierge, bâtie au XIIème siècle. Et si vous arrivez à une heure orthodoxe, allez chercher la clef au café d’à coté : boom, vous allez en prendre plein les yeux. Au XVIIème siècle, tous les murs furent recouverts de fresques byzantines, par un artiste de l’école de Vraggiana Agrafa, qui perpétuait alors cette tradition. Restaurées après le tremblement de terre de 1953, les peintures murales alignent La Vierge et les Martyrs, les Saints et les Anges, Sainte Hélène et Constantin, dans une débauche de couleurs. On s’agite d’un bout à l’autre de l’église, on tourne, on s’approche, on veut tout voir, on s’émerveille et on s’y attarde sans voir le temps courir.

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Ce qui est étonnant, c’est qu’Anogi est davantage réputé pour ses énormes rochers qui se dressent autour du village, dans un sol désolé et stérile, certains dotés même d’un petit nom, - Psilolithari, Irakles – que pour son église. Ce n’est pas la première fois que nous soupçonnerons les Ithaquiens, un peu taquins, de se faire discrets sur les trésors cachés de leur île, et qu’il faudra quelquefois mouiller le tee-shirt pour tomber nez à nez avec des splendeurs. Un post suivant le confirmera.

 

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02 juillet 2012

Ithaque - les trois villages du Nord

Village le plus important de la partie Nord de l’île, Stavros n’a rien d’original ou d’attractif et pourtant, on s’y sent très bien ; église solide, grande place centrale ou trône un arbre centenaire - lieu de rassemblement des habitants dans la fraîcheur du soir -, buste d’Ulysse, musée archéologique, point de vue sur la baie de Poli, rien de frelaté. Un des rares endroits où la présence du roi d’Ithaque aurait laissé deux empreintes, un fragment en terre cuite d’un masque portant l’inscription « Vœu à Ulysse » datant de 300 av et la colline de Pilikata, conforme à la description d’Homère et sur laquelle le palais aurait pu se dresser.

Comme une benête que je suis, j’ai suivi moutonesquement les commentaires des guides et sites internet pour le choix de notre point de chute. Tous décrivent Kioni comme le plus beau village de l’île, classé et protégé, blotti au fond d’une baie croquignolette : et de vanter ses trois moulins à l’entrée du port, ses maisons traditionnelles, son site séduisant et gracieux. Même le Routard enfile les lieux communs, dévotement. Alors, tout cela est vrai… et ennuyeux au possible. Il est extrêmement compliqué de mettre des mots sur une impression, surtout quand on ne peut l’illustrer par des exemples concrets et vérifiables : or, Kioni, c’est très pittoresque, mais ça sent le factice, le ripolinage trop coquet, le trafiqué pour plaire aux touristes et la magie n’opère pas (en tout cas pour nous). Le village qui dégringole au-dessus du port pourrait se situer dans n’importe quelle anse de la Méditerranée : c’est un peu comme si les spécificités grecques avaient été gommées au profit d’une standardisation touristique, d’une neutralité pratique, faussement idyllique, sans aspérités (mais cela semble ravir les Anglais qui y accostent vers 18h00 leurs voiliers de location). As far as we are concerned,  c’est bien fâcheux.

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Si vraiment vous voulez séjourner ici, je ne peux honnêtement que vous recommander notre lieu de villégiature, Likoudis Villa, qui propose des studios avec de grandes terrasses privatives, piscine d’eau de mer, pierres du pays, poutres apparentes, fresques sur les murs… c’est limite « too much », tant ça se veut folklorique. Mais impossible d’y trouver quoi que ce soit à redire, on sent que l’adorable propriétaire (Pénélope…si si !) s’est mise en quatre pour que ses visiteurs soient rassasiés.

Si Kioni nous a laissée sur notre faim, Frikes a su combler notre appétit de simplicité plus modeste. Imaginez un port minuscule, collé au bas de deux falaises qui contrarieraient les velléités de toute nouvelle construction, où rien n’a changé depuis un demi-siècle (à l’exception gourmande et sucrée d’un fringuant Δωδώνη). Les ruines des belles demeures écorchées durant les tremblements de terre de 1953 sont toujours là, pas question de faire table rase pour construire un hôtel, les villageois vivent avec le souvenir de la colère de Poséidon sous leurs yeux.

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Je crois que je pourrais y passer des heures à ne rien faire, humant le temps qui passe, suivant la course du soleil, la journée rythmée par la vie calme des quarante habitants. Le matin, les pêcheurs aux visages bien burinés remaillent leurs filets après avoir frappé les poulpes sur le quai, les mamies papotent, leur balai à la main, les hommes repeignent de vieilles barques, les chats cavalent, les voiliers prennent la mer. Le soir, les papis refont le monde en prenant le frais, les enfants jouent pendant que les femmes bavardent, savourant leur Frappé, les voiliers sont de retour. Ce Katapola* en miniature agit comme un analgésique, un baume réconfortant, une dimension parallèle où l’on flotte, béat, dans un continuel bien-être, un sourire permanent aux lèvres.

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* l’un des deux ports d’Amorgos, le plus attachant des deux

 

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28 juin 2012

Ithaque, l’unique (prologue)

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« Garde toujours Ithaque présente à ton esprit.

Y parvenir est ta destination finale.

Mais ne te hâte surtout pas dans ton voyage.

Mieux vaut le prolonger pendant des années ;

et n’aborder dans l’île que dans ta vieillesse,

riche de ce que tu auras gagné en chemin,

sans attendre d’Ithaque aucun autre bienfait.

 

Ithaque t’a offert ce beau voyage.

Sans elle, tu n’aurais pas pris la route.

Elle n’a rien de plus à t’apporter. »

 

Κωνσταντίνος Καβάφης          

Extrait Ιθάκη, 1911

 

Pour nombre de voyageurs, l’évocation de cette toute petite île ionienne, séparée de Céphalonie de quelques brasses, fait naître des images épiques, des envies d’errance, des aventures fabuleuses, des héros nobles et intrépides, une épopée légendaire. On aborde Ithaque lesté du mythe, en retenant son souffle, avec un mélange de respect et d’exaltation. La traversée entre Sami et le modeste port de Pisaetos ne prend que 20 minutes, bien courtes pour changer d’époque et d’ambiance. Ithaque, c’est une rencontre forte, une tombée en amour, aussi brutale et définitive qu’a été pour moi la plus belle des Cyclades, Amorgos (d’ailleurs, les deux îles, bien qu’ancrées dans des archipels contrastés, ont bien des points communs).

Les querelles d’archéologues, les empoignades des exégètes homériques, les chicanes entre habitants des ioniennes, les fouilles sans résultat ou si peu, entretiennent le flou sur le lieu exact de l’île d’Ulysse. Chacun se forge sa mythologie selon sa lecture de l’Odyssée. En ce qui me concerne, que ce tout premier routard ait construit son palais ici ou là-bas m’indiffère. Les quelques lieux qui corroboreraient la présence du vagabond de la Méditerranée sur Ithaque, sont bien chiches et déprimeraient par leur discrétion n’importe quel prof de grec. Quelques pièces de monnaie, une unique pierre gravée portent son nom, un lieu désigné en haut d’une colline cerclée de murailles de pierre, habitée des Mycéniens aux Romains, aurait été l’emplacement de choix pour la demeure d’un roi. Mais rien de probant.

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Ithaque, c’est avant tout une terre, deux émeraudes posées sur un saphir, reliées par un isthme de quelques mètres, un havre épargné du développement touristique (pas de plages de sable, quelques criques de galets et de cailloux, les plus belles accessibles uniquement par bateau... que tout l'Olympe en soit remercié !), cinq villages au Nord, une route qui fait le tour de l’île, un chef-lieu au Sud, des monastères, des fresques byzantines, pas de constructions anarchiques, des falaises abruptes (le paradis des chèvres), des zones boisées et de douces collines où le travail de dame Nature reste intact. Je ne sais pas à quoi ressemblait la Grèce il y a 50 ans mais nul doute qu’Ithaque offre encore une sincérité incontestable. Les habitants n’ont pas vendu leur âme au tourisme de masse, à l’argent facile, à une croissance artificielle qui n’entretient que les faux semblants. Les villages restent isolés et silencieux (bémol pour Kioni, j’y reviendrai), les hôtels et les restaurants ne poussent pas comme des mauvaises herbes, l’homme reste discret et humble face à son environnement. Et les quelques touristes qui posent leurs sandales à Ithaque, comme les voileux qui viennent mettre leurs bateaux sous la protection des baies bien abritées, respectent ce caractère unique de l’île.

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Ithaque, c’est un rythme particulier, une atmosphère sereine et paisible, une lenteur communicative, une mise entre parenthèse, une rêverie en solitaire tout éveillé dans un calme permanent, un écrin sauvage, peint de vert et de bleu.

 

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