23 octobre 2015

Ode à Kato Koufo'

 

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La certitude que je tomberai en amour devant Kato Koufonissi allait de soi. Si d’aucuns se sentent à l’étroit sur une île, prisonniers d’une immensité d’eau, obligés de tourner en rond sur un territoire délimité, j’y ressens, moi, le bonheur considérable d’être isolée. Que les deux mots aient la même racine latine fait sens ; se retirer sur une île, c’est d’abord vouloir s’extraire du monde, se bercer de solitude désirée, se saouler de silence, et cultiver également, un peu, une certaine misanthropie. Il faut dire aussi que ma région d’origine est constellée de ces "cailloux" posés sur l’océan, certains toujours bien sauvages, dès la transhumance estivale achevée. J’ai voué durant toute mon adolescence un quasi-culte à Chateaubriand, l’écrivain-voyageur par excellence, qui choisit un « sépulcre bâti sur un écueil »*, comme dernière demeure. Impossible, durant les étés bretons, de faire l’impasse sur ce pèlerinage malouin, de délaisser celui qui a choisi d’être un îlien pour l’éternité, au gré des marées qui entourent le Grand Bé.

J’ai gardé ce goût des îles sauvages, pierreuses, minérales, même baignées par le bleu azur de la mer Égée. C’est pourquoi Folégandros, Amorgos, Ithaque, Chios savent répondre à mon imaginaire quand d’autres s’en éloignent irrémédiablement. Je garde de même une pensée tout émue pour Sercq (Sark), îlot anglo-normand fabuleux dans le genre "gros roché primitif sculpté par les vents et les tempêtes", visité en automne il y a quinze ans (et qui servit accessoirement de cadre à Maurice Leblanc pour son Île aux trente cercueils).

Kato Koufonissi est de ces îles qui vous attrapent le corps et l’esprit, qui réveillent des songes et des rêveries, et sur laquelle on revient sans cesse parce que l’on s’y sent évidemment chez soi. Toute en longueur, pelée, rasée, tondue par les vents et le ruissellement des pluies d’hiver, elle est un territoire revenu à l’état de nature depuis le départ des derniers habitants à la fin des années 60. L’île accepte l’été la présence humaine d’une famille d’agriculteurs, de quelques bergers et des visiteurs venus par caïque pour la journée, mais redevient silencieuse et sauvage dès le mois d’octobre. Pas d’eau, pas d’électricité, juste des chèvres et des moutons, deux sentiers qui longent chacun une côte, des criques et une grande anse de sable, les vestiges d’une ferme oubliée ; voilà pour le décor.

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L’ancien hameau par lequel on accoste est le seul témoin d’une activité aujourd’hui révolue, même si les basses maisons usées ne servent plus qu’à abriter les bêtes. Une taverne d’un autre temps sert de repère et de sas de transition, entre la civilisation et les espaces préservés de la main de l’homme. Ensuite... on arpente les quatre kilomètres carrés à son rythme, on suit le tracé des sentes étroites, on coupe au travers des douces collines pour suivre les chèvres aux poils longs, on grimpe sur le plus haut rocher pour avaler de longues gorgées d’un air salé d’embruns, ou l’on se pose près d’une bergerie en ruines, pour rêvasser à ce qui n’est plus ; les heures glissent lentement, on s’imprègne de cette terre indomptée et tranquille, de cette quiétude qui baigne tout le paysage, comblé par ce retour à quelque chose d’inaltéré.

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* Gustave Flaubert, Par les champs et par les grèves (1881)

 

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13 octobre 2015

Pano Koufonissi - mode d'emploi

Lorsque j’ai annoncé à Poulaki mou que nous partions une pleine semaine à Koufonissia, elle a manqué s’étrangler : « mais vous allez y faire quoi ? ». Alors, il est vrai que le minuscule caillou tout rond peut sembler insignifiant au premier coup d’œil : pas de kastro, de chapelle byzantine, de site archéologique, de beaux villages intérieurs. Pano Koufonissi est une pierre plate, discrète, aux côtes crénelées, élimée par le vent, dotée d’un Chora, de deux petits ports, d’un débarcadère de poche, de criques, de quelques plages et … de rien d’autre en fait. Paisible, calme, tranquille, oui, mais pour autant pas endormie. Les habitants vivent de la pêche et d’un tourisme de bon aloi, sobre, discret, respectueux de l’environnement ; pas de fêtards, de braillards, de malotrus ou de râleurs compulsifs. Si les visiteurs de septembre ont quelques décennies au compteur, rien à voir avec les plantureux groupes de retraités mufles et butors, que nous avons croisés à Naxos. On va à Koufonissi pour marcher, se ressourcer, bronzer sans marque de maillot, dans un certain « savoir-vivre ». Cette quiétude de fin de saison ne serait pas tout à fait de mise en juillet et août, quand des bateaux venus de Paros, de Naxos et d’Amorgos déversent sur les plages leur flot de touristes. Mais passé le 15 septembre, l’île est rendue à la sérénité. 

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Dans le Chora de poche, une seule ruelle « commerçante » bruisse vers 19h, quand s’ouvrent les trois ou quatre bars où se retrouvent les locaux. On trouve aussi une sorte d’écomusée minuscule, creusé dans le sol, où le village a déposé des objets du quotidien, des outils, des instruments de marine, d’un autre temps. C’est inattendu, touchant, mais révélateur de l’état d’esprit des îliens qui aiment échanger avec leurs hôtes.

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L’unique magasin de cartes postales et de babioles fait aussi office de Poste et abrite le seul distributeur de billets de l’île, dans la ruelle d’en-dessous. Les habitants fignolent leurs enseignes, la déco et soignent leur charmant village fleuri qui monte tout en douceur derrière la plage.

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Les deux coquettes baies, à gauche du débarcadère (Loutro et Parianos), abritent deux petits ports de pêche et un chantier naval en modèle réduit, qui entretient les caïques de retour vers 10h.

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On y vient chaque matin, d’abord un peu de côté, puis plus près et on finit par engager la conversation avec la femme du marin qui cogne ses poulpes sur les rochers. Nulle rebuffade, les pêcheurs sont fiers de nous montrer leurs prises et de nous faire réviser les noms de poissons en grec (y’a du boulot…).

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De la baie de Parianos, vous pouvez partir à l’assaut du point culminant de l’île, 113 mètres, - ça reste très raisonnable-, en montant au Prophète Ilias, sobre sanctuaire qui tache de bleu le vert des buissons de la colline. On pousse ensuite jusqu’à l’ancienne bergerie qui offre un beau point de vue sur le rivage de l’île, rudoyé par la mer.

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Si l’on part à droite du Chora, on peut utiliser le vélo jusqu’à la plage de Fanos. Ensuite, il faut continuer à pied le chemin qui longe la côte, creusée d’anses tapissées de sable. Pas d’ombre par contre, puisque les arbres sont aux abonnés absents. Les eaux sont vraiment magnifiques, surtout lorsque l’on remonte vers les « piscines », ces grottes sous-marines qui colorent la mer de nuances émeraudes. Plus loin, toujours plus loin, on arrive à la grande vraie plage de sable blond de l’île dans la baie de Pori. Ici, un peu plus de monde, des familles grecques sur les premiers mètres, les naturistes ensuite. La mer n’est pas toujours calme sur cette côte Nord Est et les courants sont traîtres - la toute petite plage du Chora me semble bien préférable si vous venez avec de jeunes enfants. Au bout de la baie de Pori, les flots ont fini par sculpter la falaise, la rabotant, l’excavant, jusqu’à former une « mer intérieure » qui se vide et se remplit selon la forces des vagues. 

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Avec ces presque riens, on passe de jolies journées qui s’écoulent lentement, on se crée des habitudes, et comme îliens et touristes fréquentent les même lieux de vie, ensemble, on se sent partie prenante de la vie de Pano Koufonissi, intégré, accepté et pas uniquement pour que les tiroirs caisse se remplissent. 

 

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07 octobre 2015

Pano Koufonissi, gîtes et couverts

Pano Koufonissi ressemblant à un mouchoir de poche avec ses 3,5 km², pas d’usines à touristes, de grands bazars bétonnés, d’hôtels-clubs champignons. Les chambres à louer, les studios s’étalent à gauche et à droite de la plage, près du port, dans de petites maisons cubiques fleuries. L’offre étant de fait réduite, ne tentez pas le diable en débarquant sans réservation, même en septembre. Les visiteurs sont clairement des habitués qui reviennent chaque année.

Nous avons posé nos sacs chez Sophia (Glaros rooms), qui a transformé l’étage de sa maison en cinq chambres, dont trois regardent la mer. Entre la porte du jardin et la grande bleue, moins de 5 mètres. On dort fenêtre ouverte en écoutant le bruit des vagues, le ricanement des mouettes, et le vent aussi, car sur cette terre plate et pelée, ça souffle volontiers. Les chambres, à la déco légèrement désuète, sont simples mais impeccables, même si les dimensions de la salle de bain sont passablement étriquées. Mais on vient ici surtout pour Sophia, son hospitalité, sa générosité débordante. Cette mamie aux yeux bleus gris prend soin de ses locataires comme une mère poule, leur apporte le petit déjeuner maison tous les matins (gâteaux, toasts…), veille à leur bien-être, leur rend service. S’étant aperçue que nous sautions le déjeuner et que nous étions adeptes des yaourts au miel au retour du bain et des balades vers 17h - donc que nous avions un peu faim -, elle s’est empressée de garnir notre frigo de fruits, de chocolats, de riz au lait maison pour combler nos estomacs, et tout cela gracieusement. Ceci explique sans doute la sale tête de ma balance au retour… On se sent à la maison, faisant partie de la famille et non dans une relation pécuniaire. Délectable.

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Côté fourchette, on mange sacrément bien à Pano Koufonissi… Île de pêcheurs, le poisson arrive tout frétillant dans votre assiette, attrapé le matin même. On le sent tout de suite au goût prononcé de sa chair, très très loin des dorades d’élevage...

 -To Steki tis Marias (propose aussi des chambres à l’étage)

À gauche du débarcadère, en suivant la mer, premier petit port

C’est en suivant un matin la femme d’un marin venue apporter le contenu des filets que nous avons dîné là. Il ne s’agit pas d’une taverne, plutôt d’une ouzerie qui propose du calmar, des poulpes, des crevettes grillées minute et un choix de mezzés du jour. On dîne dans le jardin, entourés de toute la famille, des gamins qui cavalent, sous l’œil averti de Maria, encore une mamie prévenante mais qui dirige son petit monde d’une main ferme. C’est simple, très goûteux, même si l’accueil varie selon votre bouille, votre niveau de grec et votre patience devant le service un peu désordonné. On a adoré !

- Capetan Nicolas

Un peu plus loin, après To Steki tis Marias

Très fréquenté car le patron possède son caïque. On choisit son poisson en cuisine, le mode de cuisson, on le pèse et on attend son assiette. Très frais mais sous-cuisson chronique due au monde qui se presse en salle. Service speed et peu souriant. À tenter en tout début et fin de saison, lorsqu’il y a moins de monde.

- Neo Remetzo

Sous le moulin où on prend l’apéro.

Excellente table qui ne désemplit pas (là aussi, le patron va chercher poissons et fruits de mer à bord de sa barcasse), mais plats plus variés, plus élaborés, carte plus fournie. Jolie déco, personnel débordé mais adorable. J’ai élu leurs pâtes aux langoustines, meilleur festin du séjour. Aussi bon qu’à Penmarch, c’est peu dire.

- Fos Fanari

Dans la rue qui remonte de la plage, après le supermarché.

Il ne paie pas de mine ce grand machin un peu moche qui propose aussi souvlaki, pizzas, et dépôt de clopes. Mais pourtant, très bonne table, portions copieuses, le tout ultra-frais (vu le débit, ce n’est pas étonnant). Table préférée de ma moitié pour sa viande de chèvre kleftiko.

- Gastronautis

Dans la rue « commerçante », à côté de la pharmacie

Un brin de modernité dans la déco et les assiettes. Tout est préparé à la commande, donc service un peu alangui, mais l’attente est largement compensée par la qualité des plats. C’est léger, fin, travaillé, cuisiné, parfaitement assaisonné (légumes grillés, carpaccio de poissons, agneaux fondants, pâtes aux fruits de mer, risotto… ), excellents desserts et bonne carte des vins. Un peu plus cher qu’une taverne classique mais ça le vaut largement.

- Capetan Dimitri

Après Glaros rooms, donc à droite de la plage

De nouveau un pêcheur qui propose en direct les produits de son bateau. Ambiance moins agitée que chez le Capetan Nicolas, plus simple, plus conviviale. Votre dîner dépendra des prises du jour mais fraîcheur garantie.

- Ouzeri Aneplora

Deuxième petit port après la plage, sur la gauche - dix bonnes minutes de marche depuis le débarcadère, restez sur le chemin qui monte, ne pas bifurquer vers le moulin de gauche.

Mon coup de cœur pour la situation au bord de l’eau, la déco marine, la gentillesse des propriétaires… et la feta au miel. On y est venu prendre un verre au calme, on a papoté, écouté de la bonne musique, on y est resté pour le dîner. Pour un peu j’y serais encore.

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Pour siroter un verre avant le dîner ;

- Sokoros

Mon spot préféré, pas celui de ma moitié, hélas ! Après notre piaule, donc au bord de l'eau, sur des planches de bois flotté et de vieux gouvernails garnis de tapis, on s'assoie les pieds au dessus de  l’eau ; bonne musique, bougie, lampes tempêtes, ambiance cool, et très bon mojito.

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- Bar Kalamia

Avant Fos Fanari, dans la même rue

Indiqué pour l'apéro dans le Routard, plutôt un bon endroit pour le deuxième ou le troisième café du matin. Chouette atmosphère, très fréquentée à la fois par les jeunes qui y jouent au tavli que par les vieux marins. Très bon accueil et délicieux rakomelo (je n'aime ni l'ouzo, ni le raki, ni le machin au mastic, encore moins le Kitron mais le rakomelo chaud, c'est un peu ma faiblesse.)

- Nikita’s café bar

Bien placé, à côté de la plage, bon ouzo mais accueil un peu froid en fin de saison. Gin tonic passable, sans plus.

- Le moulin

Pas celui du bas, au bord de l'eau, mais celui en hauteur, transformé en bar branchouille, genre lounge - musique choisie - lumières tamisées pour les trentenaires. L'endroit est très beau, la vue sur le port, superbe, le coucher de soleil délicieux. Mais si vous demandez un ouzo, on vous rétorquera qu'il n'y en a plus... car de toute façon, l'ouzo, ce ne serait pas assez  "tendance"... Bon, d'accord, si vous le dites... leurs cocktails sont par contre très bons.

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- Chez Sophia

Dans la rue "commerçante", à l'opposé de Gastraunotis. Grande terrasse dont la vue est un peu rétrécie par de nouvelles constructions. Ici, c'est le temple de l'ouzo de Plomari, du Barbayanni, donc lieu de prédilection de J-P. Ambiance familiale, télé en fond sonore.

Nous y étions le dimanche 20, au soir des élections. Bide total auprès des habitants à qui nous avons demandé les résultats. Tous suivaient un match de basket, et les sujets de discussion étaient à mille lieux des problématiques politiques.

 

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04 octobre 2015

Coup de foudre pour les deux Koufo(s)

Je mets en route les récits des deux îles visitées en septembre à l’envers, délaissant la première, Naxos et sa cohorte de désillusions, pour les toutes modestes Epano (ou Pano) et Kato Koufonissi (on emploie le pluriel Koufonissia lorsque l’on parle des deux îlots). Elles font partie des petites Cyclades, comme Iraklia, Schinoussa et Donoussa, situées entre Naxos et Amorgos. Là où Naxos affiche 430 km² pour 21 150 habitants, Pano Koufonissi atteint humblement 3.5 km² et 300 habitants… on change radicalement d’espace-temps, d’époque, de mentalité, de pays en fait. Le Routard souligne que les petites Cyclades s’ouvrent peu à peu au tourisme mais cela reste encore très raisonnable. Toutefois, en haute saison, les capacités de logement saturent vite, vu la petite superficie des îles. Ici, pas de tourisme de masse, de tours-operators qui expédient du grand blond à la tonne pour griller sur les plages. Pano Koufonissi est un bastion italien (aucune idée du pourquoi du comment ?), même si l’on croise aussi des Allemands, des Anglais, des Suédois, mais peu de Français. La taille réduite de l’île fait du vélo le meilleur moyen de locomotion sur les deux uniques routes, même si de traîtres faux-plats nous ont souvent fait cracher nos poumons. On parcourt à pied le chemin côtier, qui dévoile au gré des lacets une dentelure bordée de petites criques*, pour aboutir à la seule vraie plage de sable de l’île, tout au Nord.

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Pas de location de scooters et encore moins de voitures, la bicyclette et de bons mollets sont suffisants. En septembre, le visiteur est souvent retraité, paisible… et peu vêtu. Si à Folégandros, on oublie souvent son maillot de bain, à Koufonissia, on l’a carrément laissé à la maison... Le Chora concentre la poignée d’hôtels, les chambres à louer, les tavernes et c’est tout. Deux moulins, des petits ports bien protégés, un prophète Ilias sur les hauteurs, des chèvres et des moutons et on a fait le tour. C’est encore trop pour vous ? Alors, direction Kato Koufonissi, l’île grecque la plus sauvage sur laquelle j’aie jamais posé le pied. Seulement habitée en été par une famille d’agriculteurs - qui tient aussi l’unique taverne ouverte en saison -, et une dizaine d’habitants, elle est rendue aux chèvres sauvages dès le mois d’octobre. Et il n’y a rien, mais rien de rien. On y vient en caïque de Pano Koufonissi pour s’oxygéner, respirer, marcher, pour le silence, le vent, les paysages vierges de constructions et se baigner dans l’eau la plus limpide de toute la mer Égée. Alors, certes, je me doute que l’endroit doit être un brin moins idyllique en juillet et août, mais passé le 15 septembre, c’est l’extase.

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Totalement inhabitée et inaccessible, l’île de Kéros, voisine de Koufonissia, complète le tableau. Si vous êtes passés par le Musée national d’Athènes et/ou le musée de Naxos, le nom de Kéros, comme de Koufonissi d’ailleurs, doit éveiller des souvenirs de statuettes de marbre blanc aux bras croisés. Car ces trois cailloux arides furent un centre majeur de la civilisation cycladique. Les nécropoles renfermaient des objets, des bijoux, des armes, des poteries et ces figurines étonnantes, ces idoles épurées aux pieds pointés qui ne tiennent pas debout. Plus d’une centaine furent trouvées sur Kéros, dont le joueur de flûte et le joueur de harpe (les deux exceptions à cette posture insolite) que l’on peut voir à Athènes (2 800-2 300 av J.-C.).

* Koufonissi  = κουφιο (creux) + νησι (île) 

 

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