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Le Présent Défini
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30 juin 2016

Un petit air de Grèce par ce temps pourri...

LG

Pas d'Athènes et de Skyros avant dix longues semaines... de quoi déprimer dans un Paris saturé d'eau, aussi terreux et venteux qu'un beau matin de novembre. C'est peu dire qu'on avait comme un besoin soudain d'entendre d'autres refrains que les rincées sur les carreaux ! Alors ce soir, direction le Chat Noir*, pour un aparté grec, une soirée à la gloire du rébétiko, dont l'âge d'or remonte à l'entre deux guerres; que cela nous  a fait du bien...

Je fus d'abord surprise de découvrir que le répertoire allait être un petit peu revisité selon les usages à la Française, c'est-à-dire en piano-voix ; mais il faut reconnaître que cette transposition n'altère en rien la beauté des chansons, et souligne au contraire leur souplesse vers d'autres arrangements. Le pianiste et la jeune chanteuse, Grecs tous deux - Yannis Plastiras (piano) et Alexandra Kladaki (voix), ont d'ailleurs joué avec la proximité physique que leur permet l'instrument, lors d'échanges complices, pour une vraie complémentarité musicale. Cette soirée "amicale", sans prétention, a permis aussi aux néophytes du genre de découvrir le rébétiko de la meilleure manière qu'il soit, expliqué, décodé par l'un de ses traducteurs.

 

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J'avais lu la sélection des rébétika traduites par Jacques Lacarrière et Michel Volkovitch**, sans imaginer un jour que je verrais l'un d'entre eux dans le rôle du passeur, venu rendre lisibles des textes peu accessibles pour un public sourd à l'argot du Pirée, au vocabulaire des fumeries de haschich, à la langue grecque matinée de turc revenue de Smyrne. Sans pontifier le moins du monde, Michel Volkovitch nous a raconté les origines, les particularités, la singularité de cette musique qui fait désormais partie de l'ADN des Grecs, même des plus jeunes, avant de nous présenter au fur et à mesure de la soirée, le texte de chaque chanson, interprétée par les deux artistes.

Si vous vous intéressez un tant soit peu à la langue grecque, pas forcément au rébétiko, vous trouverez aussi dans La Grèce de l'ombre une passionnante réflexion sur le travail du traducteur : le livre met en vis-à-vis sur des doubles pages, les chansons traduites par Jacques Lacarrière et Michel Volkovitch, sans qu'ils se soient concertés. Le résultat est étonnant à plus d'un titre : on devine alors aux bords de quels abîmes se promène un traducteur avant de se jeter à l'eau, et comment sa sensibilité, ses choix, son implication dans le texte, sa relecture pour en saisir "la substantifique moëlle" va emmener toute une œuvre vers une tonalité plutôt qu'une autre. On aimerait - pour une prochaine édition ?"- trouver le texte grec en miroir des chansons pour une lecture fluidifiée, apprendre un peu de vocabulaire des bas-fonds et jouer nous aussi à l'apprenti traducteur, si ce n'est pas trop demander.

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* 76 rue Jean-Pierre Timbaud - 75011 Paris

** La Grèce de l'ombre, éditions Le miel des anges (lemieldesanges@gmail.com) - 2014

 

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21 juin 2016

Γνωθι σεαυτόν

 

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La fiancée de l’an passé  (Περσινή αρραβωνιαστικιά - 1984),

nouvelles de Zyrànna Zatèli

Traduction Michel Volkovitch

Éditions Le Passeur, 2003 (aujourd'hui épuisé - je l'ai trouvé d'occasion) - disponible désormais chez publie.net

Débouler en littérature avec un recueil de nouvelles aussi hardi et singulier est un coup de maître. Née en Grèce du Nord en 1951, d’abord comédienne puis romancière, Zyrànna Zatèli impose dès son premier livre un talent inouï, avec aplomb, maestria et une originalité incontestable. Ce qui m’avait enthousiasmée sans réserves dans le Vent d’Anatolie se retrouve ici, dès les prémices de son œuvre. Certes, Zyrànna Zatèli appuie son entrée en littérature sur ce qu’elle connaît le mieux, son passé et sa région natale, une Grèce matinée d’accent slave, mais le tout revisité, repensé, recréé. Rien de folklorique, de coutumes ancrées dans une réalité temporelle ou géographique précise, l’auteur manie déjà l’art de l’esquisse et de l’allusion avec un crayon très sûr. Ce terreau familial devient la source d’un récit initiatique au travers d’une mosaïque de neuf nouvelles, très dissemblables par la forme mais traversées d’un même souffle, la ronde folle d’Èros et Thanatos ; un même personnage parcourt les histoires, grandit au fil des pages, passe de l’enfance à l’âge adulte, double vaguement autobiographique (un peu, beaucoup ou pas du tout) de Zyrànna Zatèli, avec pour deux repères, le désir qui s’éveille et la mort omniprésente.

Si le lecteur pense d’abord seulement tourner les pages d’un vieil album de photos sépia, il est subtilement envoyé dans un univers insolite, déphasé, fissuré de bizarreries, ouvert sur le monde d’en bas. L’époque évoquée, - la fin des années 50 et le début des années 60 -, permet de revenir naturellement à cette cohabitation entre le quotidien, le visible et l’extraordinaire, et la magie. Autour de l’héroïne et de sa famille, gravitent des personnages presque surréalistes, comme cette arrière grand’mère centenaire aux prophéties toujours exactes, des triplées boiteuses, un vieux chantre aveugle qui regarde passer les moutons, des jumeaux muets, syphilitiques et suicidaires, une mère de famille qui soigne sa neurasthénie en pissant debout comme les vaches... Il faut dire aussi que le coin où la petite s’éveille à la vie est une vraie cour des miracles ; quelle est rugueuse, fruste, violente, cette Grèce du Nord rurale ! Nulle solidarité entre les pauvres hères, on boit beaucoup, on se vole, on se cogne, on planque des pistolets dans les trousseaux des filles, on met fin à ses jours en gobant de la mort-aux-rats, on tripote de jeunes enfants, on meurt de maladie vénérienne ou en se jetant au fond d’un puits. Alors, il faut toute l’innocence et cette capacité à voir et créer le merveilleux d’une enfant pour sortir de cette boue.

La fantaisie, le rêve, l’audace, l’affranchissement de tous les carcans, sont les maîtres-mots de cette Zyrànna en devenir, qui affirme très tôt sa façon de voir la vie. Le recueil s’ouvre sur les fiançailles de cette petite fille de onze ans avec son chat, fiançailles tout ce qu’il y a de plus sérieuses. C’est sa manière à elle, toute personnelle, de bercer ses premiers chagrins, "la première solitude de la vie". Cette douleur enfantine primitive, cette intuition que les choses en devenir ne seront pas simples, dictent très tôt une ligne de conduite imperturbable : la liberté, quel qu’en soit le prix. Il y a chez Zatéli un peu de la Colette des débuts, frondeuse et amorale, avant qu’elle ne devienne la Baronne de Jouvenel puis la bonne dame du Palais Royal. Le recueil est traversé, comme l’ont été les Claudine, d’une insolence, d’une liberté amoureuse et sexuelle étonnante, avec un mélange d’innocence, d’ingénuité, d’un dédain absolu pour le qu’en-dira-t-on, d’impudeur et d’une petite pointe de perversion. La petite fille ressent très tôt, physiquement, la beauté et la laideur du monde, en pamoison devant la perfection d’un félin, les yeux verts de "matou" d’un barbier, la démarche de chevreuil d’un jeune du village. La jalousie, le désir, mais aussi une certaine solidarité féminine sont tout aussi précoces ; lorsqu’elle assiste au manège de la chatte Myrsa qui, insatiable à la saison des amours, se transforme en prédatrice incestueuse envers son propre fils, elle commence par fulminer, avant de ... "La garce, ah ! la garce !, pensai-je, et comme j’allais fondre en larmes de jalousie, soudain je me mis à rire. "Après tout, c’est une femme, dis-je alors avec un sourire complice, elle a un corps de chair et de sang ; elle n’est pas de bois. Et un corps comme celui de Myrsa - ou comme le mien, pourquoi pas - ne fait aucune distinction, ne connaît pas de barrières". Notre jeune Zyrànna n’a alors que onze ans... Il faut dire aussi que cela fait quatre ans déjà qu’elle fréquente la boutique du barbier aux heures creuses, pour s’adonner à des jeux passibles aujourd’hui de la Correctionnelle. Vers 14 ans, c’est son propre cousin qui se chargera de faire d’elle une femme, avant d’aller asticoter un instituteur qui ne lui résistera pas longtemps. Ces scènes d’inceste et de pédophilie pourraient être épouvantablement sordides et repoussantes pour le lecteur. C’est là tout le talent de Zatèli de chasser l’infâme en employant, avec un art consommé de la narration, des jeux de langage, des allusions, des doubles-sens, en projetant ce qui serait scabreux dans le registre du supportable par un décalage subtil de ces scènes dans le monde animal. Et surtout, en laissant toujours sa petite héroïne rester maître de son destin, de ses jeux, de ses expériences.

Á la fin du recueil, devenue adulte, voyageuse intrépide sans attache, mais toujours attentive à ses rêves, Zyrànna Zatèli est libre de nourrir son œuvre à venir de cette indépendance, cette témérité, cet appétit de croquer dans tous les fruits, sans préjugé ni appréhension.

 

14 juin 2016

Cythère - sublime Avlemonas !

L’un des nombreux avantages à arpenter la Grèce hors saison, est de pouvoir partir mains dans les poches, le nez au vent et vous arrêter là où le coup de cœur vous tombe dessus. Et pour nous, ce fût le petit village d’Avlemonas, tout au bout d’une route qui trace jusqu’à la pointe Est de l’île. Considéré comme l’un des plus jolis endroits de Cythère, je certifie que cette réputation n’est en rien usurpée. La beauté du site, dans une région restée vierge de toute construction, est tellement manifeste, tellement perceptible, qu’on ne peut s’en extraire.

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Posé au bord d’une petite calanque, dont les eaux hésitent entre le bleu céruléen et le vert translucide, le village semble transporté des Cyclades, avec ses maisons cubiques blanches aux volets bleus, bien fleuries. Mais, avec modestie, sans se hausser du col. Car les habitants ont compris qu’il ne servait à rien de multiplier les habitations qui restent fermées neuf mois sur douze, d’aligner bars et boutiques pour touristes, de défigurer l’âme d’un village pour vendre la leur. Avlemonas est resté dans son jus, minuscule village de pêcheurs, simple et vrai. Alors, pas d’hôtel évidemment, juste quelques chambres à louer, trois tavernes, deux cafés, une épicerie, rien de plus. Encore moins au mois de mai d’ailleurs, puisque une seule taverne et le café tout proche nourrissent alors les locaux et les quatre touristes venus s'échouer ici. C’est d’ailleurs au-dessus du café Mpotzio, que nous avons eu le privilège de nous poser, dans un appartement avec terrasse, à la vue imprenable, directement sur la calanque. Les habitants du village, comme la famille Mpotzio, n’ont rien de ces Grecs volubiles, démonstratifs, aux capacités vocales impressionnantes : ils parlent peu, lentement, doucement, vous évaluent les yeux mi-clos et à force de vous croiser au retour des bateaux de pêche, à la taverne, lors des promenades vespérales,  ils vous acceptent bien volontiers dans la vie locale.

On arrive à Avlemonas en longeant la belle et longue plage de Paleopoli (déserte en ce mois de mai, en raison d’un vent tenace et froid), puis les rochers battus par la mer qui délimitent parfois de petits lacs intérieurs formant de minuscules marais salants naturels. Selon les guides, Cythère possèderait bon nombre de marais salants de poche, donnant un sel rare mais savoureux. Ensuite, sur la lande arasée par les rafales, se dressent les ruines d’une forteresse vénitienne, le Kastelo, datant du XVIe siècle, poste avancé qui gardait un œil sur la mer Égée mais aussi défense hérissée de canons contre les incursions de pirates.

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De là, on suit un chemin côtier qui longe le rivage très découpé, jusqu’au mouillage des embarcations des pêcheurs, Agios Nikolaos, port principal de l’île durant toute l’occupation de la Sérénissime. Au-dessus de cette anse bien protégée, se dresse toujours un vardiola en bon état, ancien observatoire ou poste de garde planté sur un écueil, aux allures de petite chapelle. Les Vénitiens l'utilisaient à des fins de communication, en combinaison avec tous les autres situés sur les sommets des montagnes.

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Enfin, tout au fond de la baie, se dresse l'impressionnant manoir d'Angelo Cavallini, un riche italien de Gênes. Le bâtiment qu'il fit construire en 1827 devint ensuite l'ambassade austro-hongroise, un poste de douanes, puis un simple café de village. C'est un descendant actuel de la famille Cavallini qui l'a racheté et restauré.

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C''est aussi au large d'Avlemonas que sombra en 1802 le Mentor, navire de Lord Elgin, avec à son bord 17 caisses en bois contenant les sculptures du Parthénon et autres antiquités provenant du Rocher Sacré. Sur le chemin de l'Angleterre, le navire essuie une terrible tempête et le capitaine décide de trouver un mouillage sûr à Cythère. Ce port n’est pas choisi par hasard, puisque l’île est alors sous domination anglaise, personne ne posera donc de question concernant la cargaison « sensible ». Le 17 septembre, le Mentor heurte les rochers et coule par 22m de profondeur. Immédiatement après le naufrage, Lord Elgin organise le sauvetage de la cargaison, qu'il décrit lui-même dans une lettre à l’intention du vice-consul de Grande-Bretagne à Cythère, comme «… quelques pierres sans valeur…». Des pêcheurs d’éponges de Symi sont réquisitionnés ; il leur faudra deux ans pour récupérer l'intégralité du butin, après avoir cassé une partie de la coque afin d’accéder à la cale.

Ce petit village d'Avlemonas et sa poignée d'habitants vivent à la fois dans un lieu chargé d'histoire mais aussi au creux d'une nature sauvage et indomptée. Si par beau temps c'est un délice de rêvasser au bord d'une mer limpide qui a sculpté un littoral de dentelle, c'est une tout autre atmosphère quand Poséidon se fâche et envoie tout valser. La tempête de printemps que nous avons essuyée n'a rien à envier aux coups de vent bretons. En l'espace de quelques heures, le brouillard, la pluie, les bourrasques, les vagues ont régné en maître, nous ramenant avec force à notre petite condition de mortels.  Cette leçon d'humilité explique aussi sans doute la modestie et la réserve des habitants taiseux, coutumiers de ces démonstrations d'éléments qui nous dépassent. 

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Avlemonas pratique :

            - La location de voiture est impérative. Trois, quatre loueurs se partagent le marché. Bonne expérience chez Cerigo Car (Cerigo est le nom vénitien de Cythère) ; 175 euros pour huit jours de location d'une petite Hyundai et aucune remarque sur les éraflures de bas de caisse glanées sur les routes non asphaltées. Sympa et très cool.

            - Mpotzio, café et loueur de notre petit nid idéalement placé. Une famille délicieuse, qui, en fonction de la météo du jour, vous conseille sur les lieux à visiter. Pour les soirs d'appétit léger, la maman d'Alexis prépare des assiettes de Pikilia végétariennes succulentes. La terrasse au bord de l'eau est très calme les soirs de mai, vous êtes seuls au monde !

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            - Taverne Sotiris, voisine du café Mpotzio - reconnue comme la meilleure taverne de poissons de l'île ; pêche du jour, langoustes grillées, pâtes au homard et certainement LA soupe de poissons la plus goûteuse jamais dégustée. 

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Et enfin, la compagne de ces vacances, surnommée Grisounette... admirez les yeux soulignés de Khôl...

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7 juin 2016

Embarquement pour Cythère - Introduction

Aphrodite y aurait vu le jour, Hugo, Nerval, Baudelaire et Verlaine l’ont chantée, Watteau l’a peinte… et pourtant, si l’île fait partie de notre imaginaire collectif, elle est très injustement méconnue. Quatre pauvres pages dans le Routard, pas de guide en français, elle reste le petit caillou isolé tout seul au Sud du Péloponnèse, le galet posé à la croisée des trois mers, Égée, Ionienne et Crétoise. Rattachée administrativement à l’Attique, elle fait pourtant partie de l’Heptanèse - les sept îles ioniennes. Bref, on ne sait pas trop quoi faire de ce bout de terre ignoré. Et c’est tant mieux ! À l’écart des lignes de ferry, mal desservie, l’île se rallie obligatoirement par avion si vous venez d’Athènes (et le billet n’est pas bon marché). Par conséquent, Cythère (Τα Κύθηρα) ne subit aucune pression touristique, préserve son mode de vie rural et sobre, ne vend pas ses terrains aux promoteurs avides et ne construit aucun complexe de béton. L’été, les Grecs exilés en Australie reviennent sur leur terre, s’installent dans leurs maisons de famille, louent les villas et les studios, font vivre les commerces et les tavernes, contribuant largement au développement des infrastructures de l’île.

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Nul besoin donc de défigurer Cythère avec des charters venus du Nord. Les locaux ont gardé le sens de l’hospitalité, un rythme de vie posé, des goûts simples. Excepté les mois d’été, 4000 habitants seulement vivent à Cythère ; agriculture, pêche, petits élevages, apiculture, rien d'autre. Pas de grands musées, de sites archéologiques notables, de temples, mais les vestiges fanés d'une présence byzantine puis vénitienne.

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Alors, pourquoi faire escale à Cythère ? Parce qu'elle est un peu "désorientée", avec un petit goût de beurre salé assez inattendu. Ces côtes découpées, ses brusques changements de climat, la réserve de ses habitants, m'ont parfois rappelé le Finistère. En plein de mois de mai, nous n'avons pas échappé à la pluie, au vent déchaîné, au brouillard qui vient noyer les collines, avec en prime une jolie tempête assez mémorable. Mais nous avons aussi goûté à une nature ripolinée de fleurs jaunes, aux plages encore tranquilles, aux chapelles perchées sur des pics improbables et à ces ruines de cités aujourd'hui silencieuses que j'affectionne tant. Elle est une des rares îles à ne pas porter l'empreinte du joug ottoman - elle restera possession vénitienne durant cinq siècles, mais subira d'importants pillages de pirates.

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Á la première rencontre, l'île paraît pierreuse, sèche, très déboisée pourtant elle cache dans de profondes gorges des chutes d'eau, des cascades, mais aussi des forêts de hauts pins et d'eucalyptus. Il faut prendre son temps pour découvrir Cythère, dont la beauté ne resplendit pas immédiatement aux yeux des voyageurs. Mais en suivant les petites routes, en écarquillant bien les yeux, en adoptant le pas lent des îliens, on découvre de vrais trésors dans des villages paisibles, des criques perdues au bout d'une piste,  des églises tapies au creux d'un vallon, et des paysages sauvages noyés de brume, comme un bout de Magne qui aurait glissé sur les flots.

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Un guide toutefois précieux, réalisé avec le soutien financier des associations d’Australiens émigrés : In search of Kythera, Venturing to the island of Aphrodite, par Tzeli Hadjidimitriou

 

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